Lire une carte en sixième – Activité d’histoire et de géographie au collège

Il y a quelques semaines, je proposais une activité « Fiche outil : lire et interpréter une carte » pour des élèves de 6e (cycle 3). Vous avez été nombreux à partager mon travail diffusé sur mon compte Twitter, je vous en remercie. Depuis, j’ai fait l’activité avec trois classes de sixième, voici comment cela s’est déroulé et quelles corrections je compte faire.

Objectif : Savoir lire une carte

Compétence : Analyser et comprendre un document / Se repérer dans l’espace;

Problématique : Où et quand se sont diffusées les inventions du Néolithique ? (était-ce vraiment une « révolution » ? –> mise en perspective sur le temps long.)


Première version de l’activité

Portrait des classes de sixième

Je suis en collège REP. Mes classes de sixième contiennent des élèves typiques des classes du collège public : une forte hétérogénéité, que ce soit entre élèves dits ordinaires, ou en comptant les élèves à besoin particulier. Ce sont principalement des élèves volontaires, curieux et travailleurs. Le niveau est hétérogène, selon les écoles primaires et les instituteurs, le niveau d’histoire et/ou de géographie peut fortement varier.

L’objectif de l’activité

Lorsque j’ai donné une carte à mes 6e sur les déplacements des Hommes préhistoriques, de la sortie de l’Afrique, j’ai compris quelque chose dont je ne m’étais pas posé la question auparavant : mes élèves savent-ils lire une carte ? Partant de l’idée que non, j’ai donc décidé de créer une fiche outil pour leur apprendre à lire une carte. Lire une carte ici signifie savoir la diviser entre le titre, la carte, et sa légende. C’est comprendre que dans la légende, il existe des figurés/symboles auxquels sont associés une définition. Chaque figuré est représenté sur la carte. La carte est une image qu’il faut faire parler.

La place de l’activité dans la programmation

Avant le chapitre sur le Néolithique, les élèves ont fait le premier chapitre d’EMC : « Devenir collégien-citoyen » et se sont repérés dans le collège grâce à un plan. Ensuite, nous avons enchainé sur un chapitre : Les outils de l’historien. A suivi un chapitre sur le Paléolithique, celui des débuts de l’humanité où je me suis rendu compte des difficultés à lire une carte et à la comprendre. Le chapitre du Néolithique avait donc cet objectif. Si la première partie du chapitre consistait à définir le Néolithique et à faire la différence avec le Paléolithique à travers les vestiges archéologiques de Chalain (Jura), ma deuxième partie du cours était concentrée exclusivement à la diffusion du Néolithique à travers l’Europe afin de questionner le sens de « révolution ».

La création de l’activité et sa réalisation

Pour travailler la compétence de lecture de carte, je suis parti de l’idée de diviser le travail en trois parties. La présentation du document, le prélèvement d’information et l’interprétation des données. Sur la présentation, les questions sont extrêmement explicites et finalement toutes les informations à prendre se retrouvent dans le titre. Les élèves ayant déjà travaillé sur la présentation de document, cette partie s’est révélée plutôt facile pour l’ensemble des classes.

Le prélèvement des informations avait pour objectif de retrouver une information sur la carte, et de l’associer à son figuré dans la légende afin de faire le lien entre les deux parties : ici, c’était de trouver le foyer originel du Néolithique. Ensuite, il s’agissait de trouver comment l’agriculture était diffusée à travers l’Europe : les élèves devaient ainsi retrouver la bonne partie dans la légende, comprendre le figuré et sa définition. Enfin, les élèves devaient localiser Chalain sur la carte (la fiche d’activité précédente localisait le village sur une carte de France) par une croix, et identifier son courant de néolithisation. Ainsi, chaque partie était travaillée : retrouver une information sur la carte et sur la légende, puis replacer une information sur la carte.

La troisième partie sur l’interprétation des données consistait en un calcul (une soustraction) pour déterminer combien d’années il a fallu pour que le Néolithique de son foyer originel arrive à Chalain afin de donner un sens à leur travail et à questionner le terme de révolution (ce que je fais à l’oral avec eux).

Déroulé de l’activité

Après avoir expliqué l’importance de savoir lire des cartes aux élèves, d’avoir distribué et collé celle-ci dans leur cahier, nous avons attaqué le travail en plusieurs étapes. D’abord, j’ai expliqué une différence fondamentale : dans ce type de document, il y a la carte en elle-même, son titre et sa légende. Ensuite, j’ai fait lire des élèves la légende en précisant de s’arrêter à chaque point. À chaque point, je reviens sur la phrase lue pour bien réexpliquer la chose et montrer au tableau ce dont on parle. Ensuite, nous avons attaqué au crayon à papier dans le cahier la première partie de l’exercice « Présenter le document ». Je passais évidemment dans les rangs pour corriger; Si l’objectif de base était de faire une partie, puis la correction, puis une deuxième partie et la correction, une question se pose très vite. Quid des élèves qui ont terminé avant ? Volontaires pour commencer la deuxième partie, j’ai choisi de les laisser continuer. Je stoppais cependant l’activité ensuite pour corriger la première partie « Présenter » et expliquer les modalités de la deuxième partie afin de garder avec moi les plus lents. Ainsi, nous corrigions étape par étape notre activité. A la fin, je concluais en une phrase : je revenais sur le mot « révolution » qu’on avait vu en début de cours pour leur demander si une diffusion (mot défini) de 4000 ans en était une : la réponse était non. On parlait donc de « Néolithisation », notion du jour.

Les difficultés, les pièges, les erreurs

Ce travail s’est fait sur un peu plus d’une heure (correction comprise). Il faut prendre le temps, c’est leur première fois. Si la partie présentation fut plutôt simple, il en a résulté une difficulté principale : trouver le continent. Beaucoup ne savaient visiblement pas que l’Europe était un continent.

Sur la deuxième partie s’est profilée une difficulté. Lorsque je demandais aux élèves d’entourer le Néolithique le plus ancien sur la carte (a), les élèves cherchaient avant tout une date. Lorsque les élèves devaient trouver les voies de diffusion (b), certains avaient du mal mais c’était avant tout parce qu’ils ne lisaient pas bien la légende. Quant à replacer Chalain, la plus grande difficulté était de trouver la France sur une carte de l’Europe.

La troisième partie a posé assez peu de problèmes étant donné que les deux réponses étaient déjà trouvées, il suffisait de comprendre quel mode de calcul il fallait utiliser : une soustraction.

Un problème s’est par contre posé avec la carte. Lorsque l’on garde celle-ci en couleur, le jaune et le vert clair n’apparaissent pas sur la carte et vouloir refaire tracer les frontières à la main aux élèves est difficile.

Fiche pour les élèves à besoin particulier (ULIS, ITEP, DYS).


Les corrections apportées au travail et celles qui pourraient l’être

Après avoir remarqué des défauts avec la première classe, j’ai modifié le travail pour prévenir ceux-ci avec les autres. Ainsi, dans l’étape 2 à la question a.., j’ai souligné les mots « carte » et « légende » et réinsisté sur la division en deux de ce type de document afin que les élèves sachent bien où trouver l’information. De même, afin de faciliter le travail pour la question b., j’ai précisé qu’ils devaient chercher les « mots suivants » afin qu’ils ne trouvent pas une date, mais bien un texte. Quant à la question c., au tableau j’ai donné la frontière atlantique de la France pour qu’ils puissent resituer le pays tout en leur laissant l’occasion de placer le plus précisément Chalain. J’ai également effacé la description de la carte de L’Histoire que les élèves confondaient avec la légende. Enfin, pour résoudre le problème de coloration de la carte, je l’ai mise en noir et blanc directement sur Word afin d’avoir des nuances de gris qui règlent le problème. Vous pouvez retrouver la dernière carte confectionnée ci-dessous.


Deuxième version de l’activité

D’autres corrections à faire sur ce travail peuvent être ajoutées. D’abord, la légende pose problème dans cette jolie carte de L’Histoire pour une classe de 6e. Le « Néolithique proche-oriental » est exclu de la première partie de la légende « courant de néolithisation », ce qui n’aide pas à la recherche pour la question 2a. Ensuite, il faudrait effacer la partie de légende sur la « Zone Grèce-Proche-Orient » qui n’est pas utilisée dans ce travail et qui surcharge le document. Enfin, entre les dates affichées dans la légende et celles affichées sur la carte, les chiffres se multiplient et lorsqu’il faut faire la différence mathématique en prenant la date du Rubané pour l’interprétation, les élèves ne savent s’ils doivent prendre 5500 (carte) ou 4700 (légende).

Nous pourrions ainsi prendre la carte du manuel Bordas qui présente les avantages d’avoir une légende moins étoffée et de préciser la région du Proche-Orient. Le problème est la disparition des courants de néolithisation. La date de -10 000 est préférable à -9500 même si l’idéal serait celle de -12 000. Le souci également : la diffusion n’est pas divisée en voie maritime et terrestre.


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