Le Un consacre son numéro à l’IVG dans le monde

Le Un consacre son numéro hebdo du mercredi 6 juillet 2022 à l’IVG (Interruption Volontaire de Grossesse) dans le monde. Pas d’étonnement à cela quand on sait le retentissement qu’a eu la décision des juges de la Cour Suprême aux États-Unis le 24 juin. Les pions placés par Trump sous son mandat et sous grande influence religieuse, ont enterré l’arrêt Roe vs Wade de 1973. Celui-ci permettait de donner le droit aux femmes de pratiquer l’IVG comme droit constitutionnel. Le combat juridique qui a eu lieu à partir de 1970 prend comme support constitutionnel le 14e amendement de la Constitution, le « droit au respect de la vie privée », et par extension le droit aux femmes de décider de mettre fin ou non à leur grossesse. La mention de l’IVG n’est pas explicite, ce qui a permis de le révoquer. À partir de ce moment où l’arrêt est invalidé, le droit n’est plus protégé par la Constitution, et par conséquent chaque État peut choisir ou non d’interdire l’IVG. Les États qui interdisent l’IVG sont essentiellement des États conservateurs, qui souhaitent revenir à des lois plus anciennes qui réduisent les libertés. On observe également une grande influence de la religion chrétienne, notamment protestante évangélique, dans le camp conservateur et qui guide la plupart de leurs décisions.


Immersions chez les pro-life aux Etats-Unis

À Kansas City, dans l’Etat conservateur du Missouri, des femmes se sont donné pour mission de « sauver ces vies en suspens ». Chaque fois que le Seigneur leur en a fait la demande, par le biais d’une vision ou en réponse à leurs prières, elles ont pris rendez-vous dans une clinique de fertilité pour réaliser une FIV à partir d’un embryon conçu par des géniteurs qu’elles ne connaissaient pas.

Reportage de Manon Paulic pour le Un (juillet 2022).

Le Un aborde l’IVG évidemment à travers le prisme des États-Unis en mettant en avant la voix de femmes, qu’elles soient chercheuses, écrivaines ayant défendu l’IVG ou évangélique pro-life. Ainsi, un extrait du roman Un livre de martyrs américains (2019) de l’écrivaine Joyce Carol Oates nous raconte l’enfer d’une femme évangélique qui quotidiennement manifestait devant une clinique privée pour faire pression sur les femmes qui souhaitent avorter ou simplement se renseigner, et qui à la tombée de la nuit doit se rendre discrètement celui qu’elle considère comme le diable parce que, elle même, est tombée enceinte. Evidemment, de quoi redire et réexpliquer qu’une femme peut à tout moment avoir besoin du recours à l’IVG… Le reportage de Manon Paulic nous raconte la vie d’une femme évangélique pro-life dans le Missouri, une histoire effrayante ! Effectivement, nous sommes à ce moment au-delà de la manifestation. Cette femme et ses amies affirment recevoir un message de Dieu jusqu’à aller chercher des embryons en clinique parce que dans leur conception idéologique, la vie commence dès la conception. C’est-à-dire que si un embryon existe, il faut lui donner la vie. De quoi convaincre certaines d’entre elles d’aller jusqu’à la procréation médicale assistée (PMA) même si Dieu est contre, puisque donner la vie est plus vertueux. J’ai un peu la nausée en pensant que ces femmes sont devenues mères par idéologie religieuse.

Le droit à l’IVG dans le monde

  • Dans le monde, toutes les 8 minutes, une femme meurt à la suite d’un avortement non sécurisé. 40 000 morts par an.

Enfin, l’échelle mondiale est aussi abordée notamment par la très intéressante carte proposée par le géographe Philippe Rekacewicz et l’historienne Nepthys Zwer. Plusieurs cas de figure intéressants sont évoqués. D’abord le Nicaragua avec le dictateur Ortega qui a réduit le droit à l’avortement même en cas de danger pour la vie de la mère. Ensuite, la Chine qui a installé une politique de limitation des naissances, l’a stoppée pour reconduire la croissance démographique mais avec difficultés puisque l’amélioration des conditions de vie rendent la vie chère n’incite pas la population à avoir plus d’un enfant. Quelques pays d’Afrique comme le Mozambique montrent de grands progrès. Le constat est sans appel de toute façon, les femmes qui ont besoin, la nécessité de pratiquer l’IVG le feront quand même, même si cela est interdit. Le problème, c’est qu’en interdisant l’IVG, les conditions sécuritaires et sanitaires ne sont pas formées pour que l’IVG se pratique dans les bonnes conditions. L’autre problème d’une grossesse menée jusqu’à son terme est de mettre en danger la vie de femmes, ou encore de faire d’une femme une mère alors qu’elle n’est pas prête. Quant au droit à l’IVG, il est plus ou moins ouvert dans le monde. Certains l’interdisent totalement, sans aucune exception. D’autres l’interdisent en cas de danger pour la mère, ou parce que le fœtus a un problème. Des pays autorisent légalement l’IVG mais le rendent limité en cas de problème de santé, de difficultés socio-économiques ou de viol. Enfin, les pays les plus ouverts le rend totalement légal, mais cela ne veut pas dire que le droit est effectif : encore faut-il qu’il y ait une disponibilité des services assez forte.

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