Science & Vie (HS juillet 2022) – Numéro spécial paléontologie : bilan et recension

Le nouveau numéro de Science&Vie (hors-série, juillet 2022) s’intéresse à un thème et une période si particuliers et difficiles à identifier comme le démontre le titre en Une assez imprécis : « Le monde avant les dinosaures ». Le terme de « Paléontologie » qui est une notion transversale à tout le sommaire ne se retrouve qu’en sous-titre, marginalisé, judicieux ? De quoi parle concrètement ce hors-série ?


L’origine : les premiers moments de la Terre

Ère précambrienne, Paléozoïque, Mésozoïque

Le dossier brosse le portrait-robot et rapide des trois grandes premières ères du monde qui seront ensuite réutilisées dans tout le numéro. À savoir, l’ère précambrienne (4,6 milliards d’années à 541Ma d’années) avec la formation de la planète et de ses océans jusqu’à l’apparition des premières cellules procaryotes et eucaryotes. Ensuite, le Paléozoïque (541Ma à 252Ma) aussi appelée « ère primaire » qui voit l’explosion et la diversification de la vie, de la mer à la terre notamment au moment de supercontinent de la Pangée. Enfin, le Mésozoïque (252Ma à 66Ma) aussi appelée « ère secondaire » qui après la grande crise du Trias-Permien voit le fractionnement de la Pangée, le développement des reptiles, l’apparition des premières mammifères, oiseaux et graines.

La vie importée par des météorites ? Des glaciations globales ?

Outre les périodes, la question de la vie provenant de l’espace est abordée. Il s’avère effectivement que les « briques fondamentales » nécessaires à la vie (nucléotides, sucres, acides aminés) furent importées de météorites et comètes qui ont alimenté ce qui produit l’ADN et l’ARN. Enfin, un peu comme un cheveu sur la soupe, le numéro aborde les épisodes de glaciation globale de la Terre : des ères glaciaires qui auraient durées des millions d’années. Si plusieurs théories s’affrontent, on pense que la Terre connaissait plusieurs cycles de glaciation globale (très loin des simples ères glaciaires) qui ensuite se réchauffait grâce à un dynamisme volcanique qui réchauffe la Terre en libérant du CO2 et dont les pluies aux latitudes tropicales faisant pousser une forte végétation, puit de carbone, renferme le CO2 et permet à la Terre de se refroidir.



L’explosion : quand la vie se multiplie et se diversifie

Les premiers vivants durant l’ère précambrienne

Le dernier ancêtre commun universel que nous connaissons s’appelle Luca. Pendant l’ère précambrienne, il donne trois branches aux vivants il y a 3 milliards d’années : les archées, les bactéries, les eucaryotes (champignons, plantes, animaux). On définit le vivant comme un système chimique capable de s’autoentretenir et d’évoluer de manière darwinienne, à coups de mutations et de sélection naturelle. Un débat existe aujourd’hui pour savoir si les virus doivent être une quatrième branche de ce vivant. Chronologiquement, cette vie devient pluricellulaire il y a 2 milliards d’années et commence à se mouvoir. D’abord dans un environnement marin et photique, diverses formes, de petite taille (1 à 23 cm) et à un aspect médusaire, elle a pu se développer grâce à l’augmentation de l’oxygène sur Terre : le carburant de la vie.

Le vivant sous l’ère paléozoïque

Cet ère paléozoïque contient trois sous-périodes : le Cambrien qui voit l’apparition de nombreux invertébrés et de quelques vertébrés, le Carbonifère où le tétrapodes quittent le milieu marin pour vivre sur le milieu terrestre au moment où les forêts primitives se développent, avec l’apparition des reptiles. Enfin, le Permien où le supercontinent de la Pangée se forme et se termine avec la plus grande crise d’extinction de masse qui a eu lieu.

Bien longtemps après le développement de la vie pluricellulaire qui a eu lieu à l’ère précambrienne, les plantes terrestres apparaissent durant le Paléozoïque entre 490Ma et 250Ma d’abord dans des zones humides puisqu’elles prennent leur origine des milieux marins. Les premières forêts émergent vers 390Ma. À l’époque, pas besoin d’insecte pour propager les plantes, les spores suffisent ! Les plantes colonisent ainsi le monde terrestre pendant que celles-ci s’adaptent au réchauffement de la Terre, bien obligées puisqu’elles sont immobiles !

Durant cette même période, le vivant animal qui domine est représenté par les arthropodes (définies par des pattes articulées et un exosquelette). Ils sont géants, cela s’expliquant par un air très oxygéné. Néanmoins, ces arthropodes voient leur règne s’achever à la fin du Paléozoïque lors de la crise du Permien-Trias, une teneur en oxygène qui diminue, une nouvelle concurrence de prédateurs à la reproduction plus rapide.

À côté des arthropodes vivent trois grands groupes qui vont se succéder au fur et à mesure des disparitions : les synapsides (reptiles mammaliens), les thérapsides qui auront des pattes positionnées sous le corps, des dents aux fonctions bien établies et le sang chaud, et les sauropsides à l’origine des dinosaures, oiseaux et reptiles modernes.

La transition : comment passer d’un moment à l’autre ?

Déjà abordé auparavant, le numéro spécial paléontologie de Science&Vie aborde les plantes à travers leur résilience, le gigantisme des insectes lié au taux d’oxygène, les conditions qui ont sûrement faciliter le vivant à survivre à des crises, par exemple des insectes ayant besoin de moins d’oxygène au moment où la Terre perdait en O2 ou encore le sang chaud, un atout face au changement climatique. Un parallèle enfin est fait entre l’immense crise du Permien-Trias et la sixième extinction mondiale de la biodiversité que nous connaissons aujourd’hui à cause de l’homo sapiens.



L’adaptation : comment le vivant du passé a survécu

Six extinctions de masse

Dans plusieurs pages, de nombreuses espèces sont présentées et ont survécu aux extinctions de masse. On compte 5 : l’Ordovicien (450Ma) à cause d’une glaciation massive, le Dévonien (375Ma) à cause de la chute du taux d’oxygène dans l’océan, le Permien (250Ma) à cause d’une intense activité volcanique, le Trias (200Ma) à cause d’une activité volcanique et d’une météorite, et celle d’il y a 66Ma à cause d’une météorite. Chaque extinction a provoqué une forte diminution de la biodiversité mais a permis à d’autres espèces de survivre et de se développer à l’image des mammifères après les dinosaures. La sixième a lieu en ce moment.

Les paléovirus

Certaines espèces datant d’il y a plusieurs millions d’années sont toujours vivantes et retrouvées aujourd’hui à l’image de virus. En effet, le numéro de Science & Vie s’intéresse aux paléovirus. En extrayant des carottes de glace, les biologistes ressuscitent certains virus. En étudiant leurs caractéristiques, l’objectif est de comprendre leurs mécanismes et de nous préserver des dangers potentiels futurs. Mais cette science ne s’arrête pas là, elle étudie également les impacts qu’ont eu les virus sur nos gènes puisque nos mécanismes de défense en gardent des souvenirs, génération après génération. Pour cela, les scientifiques analysent directement nos gènes.

Bilan de ce numéro : à retrouver en kiosque

J’ai lu ce numéro pendant que j’étais infecté par le Covid donc mes capacités cognitives n’étaient pas au top. Je remarque déjà une meilleure qualité du papier, les précédents HS de Science&Vie étaient très relous à ouvrir, là question pratique c’est beaucoup mieux. Ensuite, j’ai trouvé le numéro intéressant mais parfois un peu brouillon. En fait, je trouve qu’il y a des thèmes beaucoup plus intéressants que d’autres, et dont certains étaient vraiment répétitifs voire comporter des sujets un peu cheveu sur la soupe. Par exemple, dans le thème de l’adaptation, cette interview d’un chercheur qui fait une tribune sur l’importance de la science bien qu’elle n’a aucun apport technique dans la vie moderne : je ne vois pas le rapport. Il y a un problème de cohérence dans le plan dessiné et je pense un manque de repères chronologiques, sur des échelles de temps si longues, on a tendance à s’y perdre. C’est un plan thématique puis chronologique, mais c’est la difficulté même d’aborder l’histoire avant tout par un plan thématique car il faut s’y retrouver après dans l’ordre. La lecture n’était pas toujours hyper simple hélas.

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