Le Un consacre son numéro sur la mémoire des attentats du 13 novembre 2015

Puissant numéro du @le1hebdo qui revient sur la mémoire des attentats du Bataclan, bars parisiens et stade de France le 13 novembre 2015.

Outre le grand témoignage vivant d’Antoine Leiris, journaliste, victime et partie civile qui a vécu le procès, le numéro aborde la question de la mémoire de cet attentat grâce à l’intervention d’un historien et d’un neuropsychiatre. Alors que la mémoire de l’événement tend à disparaître, le procès est pour les victimes le moyen de clore leur deuil. Procès colossal aux dimensions jamais atteintes, oubliera-t-on les attentats ? Enfin, une critique du procès s’opère. À chercher le comment uniquement et non le pourquoi, passe-t-on à côté de trouver et d’étudier le processus qui a fait entrer ces hommes dans une idéologie terroriste ?

À retrouver en kiosques et à lire !


Le régime mémoriel

Dans ce numéro, l’historien Denis Peschanski utilise une notion intéressante : celle de régime mémoriel. La mémoire collective associe l’événement historique à son explication centrale, par exemple, on se souvient du 11 septembre 2001 avant tout pour les deux tours jumelles et non l’attaque du Pentagone ou les « héros » qui ont travaillé à sauver des vies. Cette explication centrale, elle évolue à travers le temps. Ainsi, la Seconde Guerre Mondiale a été perçue dans les années 60 d’abord à travers le prisme du héros résistance qu’incarnait de Gaulle. Ce prisme a changé dans les années 1970, la SGM a été perçue et discutée avant tout à travers Vichy et la question de la collaboration. Dans le cas des attentats 2015, le régime mémoriel est celui des survivants : quand on parle des attentats, on parle surtout des survivants. Ce régime mémoriel est politiquement volontaire comme l’historien nous l’apprends. En effet, en ce qui concerne les attentats de 2012 perpétrés par Merah, on se souvient davantage du terroriste plutôt que des victimes. L’objectif est donc d’éviter qu’un terroriste (on pense à Abdeslam) ne soit pas valorisé, idéalisé, devienne un modèle et que les victimes soient au second plan.

La justice ne répare pas

Lorsque l’on lit le propos d’Antoine Leiris, journaliste, victime et partie civile lors du procès, on sent un certain discours envers la justice qui nous remet de l’ordre dans nos têtes. Pour reprendre ses propos : si chacun des individus victimes espèrent que le procès soit équitable, une fois confrontés à la réalité, il devient difficile de voir la défense (et Abdeslam) gagnait des points. Le procès est ainsi un combat sur soi pour chacune des victimes, chacun souhaitant que la justice soit objective pour qu’elle puisse condamner avec légitimité et impartialité l’accusé mais en espérant profondément au fond d’eux qu’aucune chance ne lui soit donnée. De plus, Antoine Leiris aborde dès le départ une mise à distance entre les juges et les victimes : il n’y a pas plus d’empathie ou de colère face à elles que face aux avocats ou aux accusés. Croyant sincèrement que la justice impartiale et compétente est garante de la démocratie, Antoine Leiris exprime que le rôle de la justice n’est pas de réparer la souffrance des victimes, mais de permettre de clore le deuil. Que celle-ci cherche à prouver des faits pour établir le comment, et non à faire preuve d’empathie envers les victimes. Un côté âpre mais nécessaire.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :