Bigger Than Us, une lueur d’espoir ou un sentiment de désespoir

L’écrivaine Flore Vasseur réalise un magnifique documentaire sur la jeune génération et les défis qui lui restent à relever dans Bigger Than Us. Le film réalise l’exploit d’immiscer en nous un sentiment d’espoir et de désespoir.



Bigger Than Us


Réalisatrice : Flore Vasseur

Scénaristes : Flore Vasseur, Melati Wijsen

Producteurs : Marion Cotillard, Ludovic Dardenay, Denis Carot

Acteurs : Mélati, Rene, Mary, Xiu, Memory, Mohamad, Winnie

Compositeur : Rémi Boubal

Genre : Documentaire

Nationalité : Français

Sortie : 22 septembre 2021

Durée : 1h36

Résumé : Depuis 6 ans, Melati, 18 ans combat la pollution plastique qui ravage son pays l’Indonésie. Comme elle, une génération se lève pour réparer le monde. Partout, adolescents et jeunes adultes luttent pour les droits humains, le climat, la liberté d’expression, la justice sociale, l’accès à l’éducation ou l’alimentation. La dignité. Seuls contre tous, parfois au péril de leur vie et sécurité, ils protègent, dénoncent, soignent les autres. La Terre. Et ils changent tout. Melati part à leur rencontre à travers le globe. Elle veut comprendre comment tenir et poursuivre son action. Des favelas de Rio aux villages reculés du Malawi, des embarcations de fortune au large de l’île de Lesbos aux cérémonies amérindiennes dans les montagnes du Colorado, Rene, Mary, Xiu, Memory, Mohamad et Winnie nous révèlent un monde magnifique, celui du courage et de la joie, de l’engagement pour plus grand que soi. Alors que tout semble ou s’est effondré, cette jeunesse nous montre comment vivre. Et ce qu’être au monde, aujourd’hui, signifie.

Note : 4 sur 5.


Les générations futures face à l’avenir

L’affiche captivante de Bigger Than Us est plus que parlante. Le quartier pauvre et détériorée de Jakarta à moitié inondée affronte fragilement un infini océan menaçant. Comme seule protection, un fébrile mur peu épais et transpercé sur lequel est jonchée une jeune fille en équilibre et à la recherche d’un équilibre, symbole de la jeunesse humaine et des pauvres moyens employés pour affronter un défi d’ampleur : les forces de la nature aggravées par le changement climatique. Seule solution pour le gouvernement indonésien : transporter la capitale ailleurs. Lâcheté, abandon, faiblesse, tant de synonymes qui précise une histoire qui se répète partout dans le monde. À trop tarder, l’urgence se fait sentir, et les plus vulnérables restent les plus pauvres et marginalisées. C’est de cette histoire dont traite Flore Vasseur dans Bigger Than Us. On suit Melati, 18 ans, qui depuis l’âge de 12 ans lutte contre la pollution plastique qui ravage l’Indonésie et parcourt le monde entier à la rencontre de ces jeunes personnes, hommes et femmes, comme elle qui luttent pour un avenir meilleur des Hommes et de la Terre. Ainsi, nous suivons plusieurs personnages dans des reportages précis et magnifiques d’une quinzaine de minutes. Lutte contre l’éradication de la faim, lutte contre la pollution, pour la justice sociale, les droits humains, le droit des femmes, le climat : Bigger Than Us par sa transversalité aborde avec une belle manière et des témoignages humains les enjeux contemporains. Celle des générations futures face aux grands défis de l’avenir, auxquels nous nous confrontons déjà : crise sociale, économique, sanitaire ou climatique.



Face à l’ampleur : un espoir et l’inquiétude

Face à l’ampleur de ces défis, on se retrouve en présence de deux fortes émotions : l’espoir et l’inquiétude. D’un côté, le travail remarquable de ces jeunes qui mettent en jeu leur vie pour changer le monde et qui par réseau s’inspire les uns les autres ; de l’autre, l’idée que leur labeur n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan, n’est qu’un changement local et qu’il reste tant à faire, ce rapidement et que l’indifférence générale empêche que leur lueur se répande au reste du monde. C’est sans doute ce qu’a souhaité faire Flore Vasseur à travers Bigger Than Us, inspirer et montrer aux autres que la lutte existe et réussit, de motiver les générations futures qui répondaient encore il y a quelques mois « ok boomer » à ceux qui ont laissé la planète dans cet état. Si les sociétés comprennent de plus en plus le phénomène, il faut désormais s’attaquer au problème politique, le plus difficile. Bien que tous les partis se réclament de l’écologie, il faut savoir trier ce qui le font par calcul électoral et ceux dont les véritables projets sont viables et justes. Plus qu’un combat sociétale, c’est un combat politique. Voilà désormais 50 ans que la sensibilisation se fait, il tient désormais à chacun de monter ou faire monter les plus jeunes et leurs idées dans les institutions.

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