Dune, de la sueur et des larmes

Chef d’œuvre romanesque de la science-fiction, je ne connaissais de Dune que le sable. Denis Villeneuve nous réalise ici une intrigante première partie au cours de deux heures et demi d’une élégante mise en place.



Dune


Réalisateur : Denis Villeneuve

Scénariste : John Spaihts, Denis Villeneuve, Eric Roth

D’après l’œuvre de : Frank Herbert

Producteur : Cale Boyter, Mary Parent et Denis Villeneuve. Legendary Pictures

Acteurs : Thimothée Chalomet, Rebecca Ferguson, Oscar Isaac, Jason Momoa, Stellan Skarsgard, Stephen McKinley Henderson, Josh Brolin, Javier Bardem

Genre : Science-fiction, drame

Nationalité : Français

Sortie : 15 septembre 2021

Durée : 2h36

Résumé : L’histoire de Paul Atreides, jeune homme aussi doué que brillant, voué à connaître un destin hors du commun qui le dépasse totalement. Car s’il veut préserver l’avenir de sa famille et de son peuple, il devra se rendre sur la planète la plus dangereuse de l’univers – la seule à même de fournir la ressource la plus précieuse au monde, capable de décupler la puissance de l’humanité. Tandis que des forces maléfiques se disputent le contrôle de cette planète, seuls ceux qui parviennent à dominer leur peur pourront survivre…

Note : 4.5 sur 5.

Dune : de la science-fiction géopolitique excitante

La première partie de Dune est en quelque mesure une introduction à un univers complet. Pour autant, elle ne saurait être vide et lassante. Au contraire, Denis Villeneuve a fait un incroyable travail pour familiariser les profanes à l’histoire d’Herbert sans les perdre. Une planète, Arrakis, est source de profits grâce aux épices. Pourtant, sa géographie physique à savoir son désert aride et son écosystème, des vers géants, rendent l’extraction difficile. Au-delà même, c’est tout un peuple autochtone, les Fremen, qui sont persécutés, notamment par la famille des Harkonnen vite remplacés sur décision de l’empereur par les Atréides. Denis Villeneuve nous accompagne parfaitement dans la compréhension de la structure géopolitique, peut-être sans doute par la facilité du character design qui nous fait deviner qui est gentil, qui est méchant. Cette binarité du comportement est le reflet d’un roman qui commence à dater (1965) où l’on avait davantage tendance autrefois à véritablement séparer par le physique et le comportement psychologique le « gentil » du « méchant ». On perçoit aussi la vieillesse de l’œuvre – sans pour autant qu’elle ait mal vieillie – à travers justement le cadre géopolitique. Des hommes qui colonisent un espace pour uniquement ses richesses sur l’ordre du gouvernement, au détriment des peuples autochtones qui tendent à se rebeller pour protéger leur planète. En effet, Arrakis est au centre de l’histoire. C’est une planète désertique, strictement différente de là où vivent les Atréides. Pour nous l’introduire, le héros Paul, fils du chef de la maison des Atréides, visionnent (avec nous) des vidéos concises mais très informatives sur la planète et notamment sur son peuple… les Fremen (qui ont vraiment la classe). Peuple personnifié notamment par une héroïne qui semble être un enjeu central de l’épopée, en tout cas des rêves de Paul. Cette femme que l’on voit dès les premières minutes du film nous raconter sa résistance face aux vils Harkonnen. C’est donc dans Dune tout un système géopolitique qui nous est décrit, en nous accompagnant, qui suscite une certaine excitation malgré sans doute en 2021 un manque d’originalité anachronique.



Des bouleversements et des mystères qui amorcent un chaos ?

Si cette première partie de Dune est une mise en bouche, elle n’est pourtant pas une histoire sans action. Effectivement, nous sommes ici loin des blockbusters qui vous proposent une dose d’adrénaline toutes les cinq minutes, mais Dune n’en est pas pour autant un film contemplatif et endormant. Au contraire, dès les premières images, le contexte géopolitique est déployé et la maison des Atréides nous est décrite. Le jeune Paul, héritier du duc, doit apprendre le pouvoir issu de sa mère, celui qui permet d’ordonner par la voix. Sauf que celui-ci est encore novice, et il fait d’étranges rêves… à propos d’Arrakis. Pendant ce temps là, l’empereur envoie les Atréides sur la planète aux épices, tout semble concorder et les rêves de Paul inquiètent sa mère. Là se joue déjà une intrigue et des mystères palpitants : Dame Jessica est une Bene Gesserit, une sorte d’organisation occulte et matriarcale qui conseillent les pouvoirs et au plan à longue échelle. Si l’originalité est également à revoir, il était intéressant que Paul émette des doutes quant à son rôle et quant aux actions des Bene Gesserit, mais ce pan de l’histoire est hélas rapidement tombé à l’eau. Ce n’est pas pour autant que ses rêves sont inintéressants : celui-ci semble percevoir le futur, mais bien souvent celui-ci est trompeur. Ce sont dans ses rêves que Dune amorce et joue beaucoup avec l’intrigue, notamment sur la suite à venir. Le rêve le plus intéressant est celui sous la tente, l’amorce d’un potentiel chaos mené en son nom.

Hormis les rêves, d’autres bouleversements ont lieu : je pense notamment au piège dont les conséquences, qui permettent au jeune Paul de prendre sa destinée en main, étaient là aussi attendues. L’ensemble est accompagné d’une production aux 140 millions de $ : les décors, les vaisseaux, les costumes, les chorégraphies, la musique de Hans Zimmer, tout est somptueux et fait de Dune une immense production et qui ne peut qu’annoncer de grandes promesses pour la suite ! J’espère néanmoins que les rêves de Paul sur la suite à venir sont brouillés un peu comme ils l’étaient dans ce premier film.

D’autres mystères me donnent envie de voir la suite ! Par exemple l’empereur… apparemment celui-ci dirige et organise tout mais pas une seule fois nous l’avons vu dans le film, alors j’ai hâte d’en savoir plus. J’aurais aimé aussi en savoir davantage sur l’Arbitre du changement. Sur ce point, je suis déçu de ce qu’est advenu le personnage qui promettait plus que cela. Il en est de même pour Duncan Idaho.



Une fin et une transition vers la deuxième partie de Dune

Comment achever une première partie au cinéma ? Pendant le film, je me suis souvent posé la question : sur quoi vont-ils finir ? Si la fin a été décevante pour certains, pour moi elle signifie beaucoup et est une bonne amorce de la suite que j’ai envie de voir. Non seulement l’histoire nous est bien introduite, mais les rêves et le nouveau mode de vie adopté annoncent déjà beaucoup sur la suite. Surtout, j’attends d’en savoir sur la géopolitique : avoir des enjeux encore beaucoup plus complexes ! Aussi peut-être davantage d’action, sans ce que ce ne soit trop chorégraphié non plus (dans le rêve de Paul, c’était très exagéré)

Dune est un long film qui a le mérite de ne pas m’avoir ennuyé une seule fois. Denis Villeneuve installe le cadre géopolitique avec prudence pour bien nous immerger dans l’histoire, et ça nous prend rapidement. La production n’est pas en reste : les paysages, les costumes, les acteurs, le doublage, la musique valent vraiment le coup pour là aussi nous transporter sur Arrakis et les autres planètes, parfois avec des scènes mémorables. Surtout, c’est une histoire pour laquelle il reste encore de nombreux mystères et dont j’ai hâte de voir la suite pour les résoudre, sans que je n’ai relevé une seule incohérence pour le moment.

2 commentaires sur “Dune, de la sueur et des larmes

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