Une biographie d’H.G. Wells, le père de la science-fiction

Herbert George Wells (1866-1946) est considéré comme le père de la science-fiction. L’Anglais qui a grandi dans des conditions difficiles s’est intéressé à la science dont il s’est beaucoup inspirée pour sa carrière de romancier. Au début du XXe siècle, ses idées politiques supplantent ses écrits imaginaires pour lesquelles il prône un État universel et l’abolition des nations afin d’éviter la disparition de l’espèce humaine.



Wells : de l’apprenti commerçant à l’enseignant de sciences naturelles

Herbert George Wells est né à Bromley dans le Kent en Angleterre. Il est issu d’un milieu très modeste : sa mère est domestique et son père commerçant et joueur professionnel de cricket. Sur les traces de son père, il suit des études de commerce à l’âge de sept ans en 1874. Il doit arrêter ses études en 1880 lorsque son père se fracture la jambe : une blessure qui coûte une partie des revenus au foyer. Sa mère reprend son travail de domestique, Wells et ses frères deviennent apprentis. Voguant d’école en école, Wells parvint à suivre de véritables études qui le profile vers une carrière d’enseignant. Grâce à sa bourse, il étudie la biologie à la Normal School of Sciences à Londres de 1884 à 1887 où il rencontre un homme qui l’influence beaucoup : Thomas Henry Huxley, disciple de Darwin et défenseur de la théorie de l’évolution naturelle. S’il échoue à obtenir son diplôme, il parvient en 1888 à devenir enseignant à la Holt Academy au Pays de Galles et à être diplômé d’une licence dans le domaine de l’enseignement. Deux ans plus tard, il obtient même un baccalauréat en zoologie.



Des romans scientifiques à la science-fiction

La carrière d’écrivain de H.G. Wells commence… avec des livres de scolaire de biologie en 1893. Hormis l’écriture professionnelle, Wells commence sa carrière d’écrivain dans The Pall Mall Gazette avec de petites histoires humoristiques. Il continue ce jusqu’à la publication de son premier roman : La Machine à explorer le temps. Viennent s’inscrire dans cette lignée de nombreux romans scientifiques comme L’île du Docteur Moreau (1896), L’Homme invisible (1897), La Guerre des Mondes (1898) et Les premiers hommes dans la Lune (1901). Aux côtés de ces romans figurent plus de 80 nouvelles. Wells écrit durant l’entre-deux-guerres qu’il se refuse d’être le « Jules Verne anglais » car il affirme que ses romans scientifiques sont davantage de l’imagination que de l’anticipation. Toutefois, lui-même commence à écrire sur l’avenir à l’image d’Anticipations en 1901, préfigurant un virage beaucoup plus politique.



Le tournant politique de Wells

Écrivain, H.G. Wells aimait à critiquer le monde victorien en imaginant les conséquences de la maîtrise de la science. Il se détourne du roman fictif pour l’écrit politique au début du XXe siècle. Avec Anticipations en 1901, il développe des idées sur l’avenir en exprimant pédagogiquement des points de vue socialiste hérités de son activité au sein de la Société des Fabiens qui préférait l’évolution des esprits que la révolution. Avant la Grande Guerre, il devient un symbole d’opposition au monde victorien. La littérature devient pour lui un instrument de propagande notamment après la guerre. Pour Wells, l’espèce humaine se dirige vers le déclin. Un déclin qu’il est possible d’arrêter grâce à la volonté humaine. Cette volonté ne peut s’exprimer que dans un cadre politique spécial : un État dirigé par une élite de savants et de techniciens. Pour lui, cette élite scientifique saura mieux se pencher sur les problèmes de l’espèce humaine et répondre aux intérêts des habitants plutôt que le régime démocratique grandement démagogique. Proche du socialisme, un socialisme éloigné du marxisme qu’il déteste, Wells affirme que la classe moyenne est la catégorie sociale au cœur de son projet. Plus encore, son projet politique est celui d’un État universel et de l’abolition des nations. Il est important pour Wells de rétablir l’équilibre écologique entre l’homme et la nature et de se servir de manière clairvoyante de la technologie inventée pour la bonne évolution de l’espèce humaine. Il espère en la guerre un moyen de bouleverser l’ordre mondial. Il soutient tous les projets visant à instaurer un monde de paix, d’élites scientifiques et d’État universel à l’image de la Société des Nations. Avant de mourir en 1946, Wells avait écrit un livre pessimiste sur l’avenir de l’humanité, Mind at the End of its Tether dans lequel il espère le remplacement de l’humanité, fruit de sa pensée en l’avenir de l’Homme après la Seconde Guerre Mondiale, et fruit de ses conclusions déclinistes pensées depuis déjà longtemps.

Sources : Jean-Pierre VERNIER, « WELLS HERBERT GEORGE – (1866-1946) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 13 août 2021 ; + http://empiresf.free.fr/?page=101

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