Mon parcours en licence histoire-géographie à l’Université Picardie Jules Verne (Amiens)

Avant d’entrer à l’université d’Amiens en 2017, j’ai farfouillé le net à la recherche de toute information susceptible de me renseigner sur l’Université Picardie Jules Verne à Amiens et en particulier la licence d’histoire. Mon parcours universitaire étant terminé aujourd’hui, titulaire du CAPES et d’un Master MEEF, je vous livre mes conseils et mon expérience personnelle que j’ai eue, c’est-à-dire mes plus belles années d’études.



Qui suis-je ?

Je suis Jérémy Daflon. En 2017, j’étais diplômé du bac professionnel Gestion des Milieux Naturels et de la Faune mention « assez bien » et j’ai décidé de changer de voie pour raisons personnelles vers une discipline qui me passionnait davantage : l’histoire (et la géographie !). Ainsi, je mets directement le point sur une idée reçue que vous pouvez vous faire : j’ai personnellement douté de ma réussite puisque je n’ai pas fait de bac général, mais avec du travail et de la chance, il est totalement possible d’y arriver. Cette année 2022, je deviens fonctionnaire titulaire après avoir survécu au concours du CAPES et avoir passé une année d’enseignement vraiment incroyable. Entre le bac et le concours, j’ai réalisé trois ans de licence d’histoire, parcours histoire-géographie.

Le renseignement en amont

Bien réussir, c’est se préparer en amont. Par préparation, j’entends d’abord le renseignement. Est-ce que l’histoire est ce qui vous intéresse le plus ? Le descriptif du parcours répond-il à vos attentes ? Vers quel débouché allez-vous ? Je pense notamment aux boursiers qui ont un droit de bourse limité et sous conditions : il est important de ne pas se tromper de parcours dès le départ pour ainsi maximiser vos chances. Pour cela, il y a un document indispensable, que vous soyez déjà à l’université d’Amiens ou étranger à la licence d’histoire : c’est la plaquette d’histoire. Elle change environ tous les cinq ans, republiée chaque année avec quelques changements (surtout les options). Si elle n’est pas à jour pour l’année qui arrive, checkez régulièrement cette page.

Que faire avec ? Si vous êtes nouveau, il faut absolument lire les premières pages avant les intitulés d’enseignement de première année. Ainsi vous comprendrez le système : savoir comment ça fonctionne, c’est maximiser ses chances de réussite, notamment les compensations entre modules qui peuvent vous sauver d’un rattrapage imaginons. Et puis surtout, vous avez toutes les informations sur ce qu’est la formation en histoire.

Si vous êtes déjà en licence, il est important de la consulter avant la rentrée chaque année pour connaître votre programme, se familiariser avec, peut-être même se procurer la bibliographie en BU. Bref, se préparer en amont si vous le désirez (pour le CAPES la préparation en amont est indispensable), et pré-choisir les options qui vous intéressent le plus. Ce renseignement vous permettra d’être plus à l’aise avec l’année à venir, de moins stresser et d’être plus attentif aux explications de début d’année qui pourraient vous submerger d’informations, enfin il permet d’avoir un avantage sur vos camarades. La compétition n’est pas la règle à l’Université Jules Verne, mais si comme moi, un(e) rival(e) amical(e) peut vous aider à mieux travailler, c’est une bonne chose. Si vous avez un doute, vous avez toujours la possibilité d’écrire à l’enseignant responsable de votre module pour savoir si celui-ci tient toujours son enseignement fondamental et ses options. Les types de cours, outre options, varient peu à l’UPJV hors changement de maquette : par exemple en semestre 2 de L1, le programme « La France au XIXe siècle : société, économie, culture (1815-1914) » a beaucoup de chance d’être présent sur plusieurs années. Pour toute question d’ordre général, il faut contacter soit les services administratifs, soit le/la responsable d’année qui sera pour vous un véritable support.

Renseignez-vous aussi sur vos futurs enseignants : leur domaine de recherche peut donner des indices utiles pour savoir à quoi vous attendre. Attention, le renseignement en amont peut comporter quelques pièges. J’ai personnellement entendu des horreurs, des légendes noires sur certains enseignants ou modules provenant des promotions précédentes qui se sont révélées fausses : seule votre expérience personnelle saura vous dire la vérité, ne faites pas erreur de préjugés. Si vous avez des questions, les enseignants sont toujours les meilleures personnes à questionner. Personnellement, je n’avais jamais fait de fichage de manuel auparavant, et j’ai tendance à avoir besoin de modèle – ce qui n’existe pas dans ce domaine. J’ai beaucoup interrogé mes enseignants à ce sujet – à la fin du cours si vous le pouvez c’est un bon moment – ce qui m’a énormément aidé. Si vous avez un ami de confiance, et que vous avez une question, vous pouvez la lui poser mais j’ai remarqué bien souvent que la meilleure source d’information était l’originale.

Pensez dès la première année à votre parcours. Il y a plusieurs parcours au sein de la formation d’histoire. Histoire approfondie est idéale si vous souhaitez faire de la recherche (ce qui nécessitera de longues études), l’histoire-archéologie a l’air sympathique (je ne connais pas) et vous devrez effectuer des stages, l’histoire-géographie est indispensable si vous voulez être prof dans le secondaire (non seulement pour la préparation du CAPES mais aussi pour avoir une place en MEEF qui sélectionne les étudiants), l’histoire-droit vous oubliez il n’y a quasiment plus aucun étudiant dans ce cursus à cause des soucis administratifs, le parcours professorat des écoles peut être intéressant si vous souhaitez enseigner dans le premier degré. À savoir que ces parcours se choisissent en L2.


Les amphithéâtres de la Citadelle sont vraiment comme ça, oui.

Bien s’entourer

C’est sans doute l’une des choses les plus essentielles : bien s’entourer. J’ai réalisé ma licence d’histoire autour d’amis très travailleurs, sérieux sans pour autant se couper de toute vie sociale et divertissement. On ne se connait pas toujours soi-même, surtout quand la fac est un monde nouveau, on ne sait pas si on est quelqu’un qui travaille beaucoup comparé aux autres (et comparé à l’échelle nationale lors de la préparation du CAPES). Par chance, je suis tombé directement sur les bons amis, mais n’hésitez pas à repérer les personnes qui ont l’air les plus sérieuses (souvent elles se placent au premier rang, c’est cliché mais c’est réel) et d’essayer de les approcher. Quand je dis ça : je parle d’une vraie approche, pour en faire des amis, et non pas par hypocrisie pour se servir d’eux. De même, si vous êtes l’une de ces personnes très sérieuses, n’hésitez pas à aider vos camarades mais faites attention parfois à ceux qui profitent.

Je parlais du premier rang : vous n’imaginez pas l’importance de s’y placer. Le deuxième ou le troisième suffisent, au pire des cas. Non seulement déjà vous ne serez pas dérangé par la personne qui fait 1m90 devant vous, mais en plus vous ne serez pas distrait par votre environnement. Vous serez au contraire bien plus attentif, actif et donc vous gagnerez énormément de temps dans votre apprentissage : le monde de la fac n’est pas le monde du lycée (je ne parle même pas du monde du CAPES…).

La méthode sur le bout des doigts

A la fac d’histoire et de géographie, vous aurez deux exercices : le commentaire de documents et la dissertation. Et ce ne sont pas des exercices où vous avez une problématique donnée. La dissertation peut se présenter sous le format suivant : « Le pouvoir monarchique dans les provinces françaises (XVIe-XVIIIe) » pour l’histoire, ou encore « Les risques naturels en France » pour la géographie. Introduction avec problématique, développement avec un plan cohérent et construit, et une conclusion (et un croquis en géographie) seront à développer vous-même. Ce sont des exercices au début difficiles où il faut de solides connaissances, une bonne réflexion, et de la concentration. Mais comme vous avez suivi mes conseils précédents : vous êtes dans les meilleures conditions pour réussir, non ? C’est pourquoi il faut que vous connaissiez la méthode sur le bout des doigts. Les enseignants vous donneront normalement une méthode hyper détaillée qu’il faudra maîtriser et n’hésitez pas à faire vos premiers devoirs avec elle sous les yeux, puis vous en détacher progressivement. Ces exercices et cette méthode vous serviront durant tout votre cursus : de la licence à la recherche ou au CAPES. On m’avait dit un jour qu’une fois la méthode maîtrisée et la première année validée, les autres suivaient forcément. La méthode avant les connaissances, mais les deux s’entremêlent. Ce qu’on va attendre de vous est une réflexion sur un sujet donné ! En plus, il y a à l’université Picardie Jules Verne d’excellent(e)s enseignant(e)s de méthodologie…

La BU : votre deuxième foyer

Je ne sais si c’est dû au confinement ou au COVID mais l’année dernière, la bibliothèque universitaire d’Amiens était quasiment vide, ce qui est problématique – selon moi. Durant mes premières années de fac, elle était remplie ! La BU a des horaires d’ouverture amples (on regrette la fermeture le samedi), ce qui vous permets de travailler dans des conditions très agréables et dans un environnement silencieux quand vous voulez – et avec un max de bouquins à votre portée. Personnellement, j’allais à la BU avec mes amis à chaque heure de trou. Parfois, il y a des heures qui n’étaient pas hyper productives, mais c’est toujours mieux que chez soi où les conditions ne sont pas forcément les meilleures pour travailler, surtout avec la dose de divertissements potentiels qui peuvent exister dans votre environnement. Familiarisez-vous avec les rayons de la BU, le catalogue de la BU sur le net – vous aurez une formation pour cela de toute façon. Tapez « BU UPJV » sur Google pour déjà vous familiariser avec.


Avec du sérieux, vous tomberez amoureux de ce lieu (qui a déjà compté le nombre de prises ?)

Ne négligez pas la géographie

90% des candidats au CAPES sont des historiens. Quand mon enseignante de géographie nous a dit cela lors de notre préparation au CAPES, je savais que pour faire la différence parmi les candidats, la géographie – qui est une matière que j’apprécie beaucoup – était un cheval sur lequel miser. Beaucoup d’étudiants n’aiment pas la géographie à la fac, et je trouve que la réputation qu’elle traîne parmi la majorité d’historiens est terriblement injuste. Et surtout, si vous vous destinez à être enseignant d’histoire-GEOGRAPHIE, la géographie vous sera indispensable. D’où la nécessité du parcours histoire-géographie dès la L2, les options de géographie en L1. Ne négligez pas cette matière, elle est indispensable pour être sélectionnée en MEEF et pour bien réussir vos semestres de licence (et puis c’est la compréhension du monde contemporain – à ce sujet, il est important que vous suiviez l’actualité > le journal d’Arte fait une revue de l’actualité internationale, ça change de TF1 qui parle du gaz tous les jours).

L’assiduité

« c’est la fac, tu viens en cours quand tu veux ». Premièrement, c’est faux pour les boursiers qui sont conditionnés à l’assiduité, et deuxièmement, n’écoutez pas ces paroles. Commencer à sécher une fois les cours magistraux, c’est s’autoriser à le faire une deuxième fois, une troisième fois et ainsi de suite ; d’autant plus que les TD sont obligatoires au risque de vous rendre défaillant (vous n’imaginez pas l’importance du contrôle continu dans la validation de vos semestres). Puis, rattraper un ou plusieurs cours, c’est vraiment difficile et fastidieux, surtout si vous n’aimez pas comment vos camarades prennent leurs notes (et imaginez ils ont fait des erreurs ?!). Et pour avoir suivi des cours de fac en année COVID, ne pas être présent physiquement en cours complique vraiment la tâche d’apprentissage – surtout si vous êtes en première année, la plus importante.

PC ou cahier ?

Vous vous posez peut-être cette question. Personnellement, je me la suis posé au début quarante fois, puis j’ai fait mon choix définitif facilement. Prendre ses cours sur ordinateur ou à la main présente pour chacun à la fois avantages et défauts. J’ai choisi l’ordinateur pour plusieurs raisons : d’abord, parce que mon écriture manuscrite est esthétiquement moche, ce qui ne me donne pas envie de me relire et d’apprendre mon cours. Ensuite, parce que j’écris assez rapidement au PC pour prendre mot pour mot les cours. Ce n’est pas le plus conseillé car vous êtes censé savoir prendre des notes mais personnellement je préfère car je suis attaché à avoir la totale complexité des propos et des détails dans mon cours. Chacun a sa méthode, ça n’empêche pas vous inspirer d’autres. Par contre, le plus important c’est l’après-cours. Il faut absolument remettre vos cours, vos notes au propre ! Faites-le directement, et pas les jours suivants car vous allez accumuler du retard étant donné que la charge de travail à la fac – malgré l’autonomie et la liberté trompeuses – est forte et que vous allez oublier ce qui a été dit en cours magistral. A la Citadelle en plus, dans les amphithéâtres, il y a des prises partout : aucun souci pour votre batterie !

Ficher des bouquins

J’en ai pris des heures à faire des recherches pour savoir comment ficher un bouquin. Tout le monde dit quelque chose de différent : c’est normal, chacun a une méthode différente. D’abord, il faut savoir quel livre ficher. Dans la plaquette d’histoire, vous avez une bibliographie conseillée, il faut impérativement y jeter un oeil – auquel cas il y en a plusieurs, écrivez à le ou la responsable du module. Ensuite, quand vous avez un sujet à étudier, l’erreur est de partir dans les bouquins spécialisés tout de suite. Non ! Il faut aller du plus général (atlas, dictionnaire, manuel d’étudiant) au plus précis (bouquin spécialisé, article de revue, thèse et mémoire).

Ensuite, pour ficher (= prendre en notes), ce que je peux vous conseiller : c’est de lire une partie ou un sous-partie (selon votre degré de mémoire) de l’ouvrage pour en saisir le sens. Une fois l’idée principale comprise, vous la notez et peut-être avec quelques détails. Comme ça, vous éviterez de noter le superflu. On dit souvent que le rendement, c’est 1 page = 10 pages. Vous allez voir que ficher un livre, c’est long et fastidieux, même si c’est intéressant ! Mais surtout, ce qui va vous énerver, c’est de trouver un moyen de tenir le livre ouvert pendant que vous écrivez au PC ou à l’écrit. Pour cela, deux solutions : achetez un support de livre (en bambou apparemment c’est cool) ou prenez les livres en e-book/numérique (achat ou selon catalogue de votre BU). Avec la dernière méthode, vous pourrez coller l’une à l’autre les deux fenêtres suivantes : votre fichier Word et votre page d’ouvrage. Vous allez en gagner du temps comme ça.

Dernier conseil : relisez-vous !! J’ai écrit et publié cet article avec des fautes odieuses faute de m’avoir relu.

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