Arslan Senki (S01) : une vibrante guerre des trônes à l’oriental

Je n’avais pas vibré devant un animé depuis Naruto. Si vous aimez la chevalerie et les guerres de trône rythmées à l’ambiance médiévale-antique au look oriental, The Heroic Legend of Arslan est donc fait spécialement pour vous.



Arslan Senki (S01)


Scénariste : Yoshiki Tanaka (auteur des romans)

Dessinateur : Himoru Arakawa (Fullmetal alchimist, dessinateur)

Réalisateur : Noriyuki Abe (Bleach, Boruto, anime)

Studio d’animation : Liden Films, Sanzigen

Compositeur : Taro Iwashiro

Genre : shonen

Sujet d’article : saison 1 de l’animé

Date de sortie : 2015

Nombre d’épisodes : 25 épisodes de 25 minutes

Synopsis : La cavalerie du roi parse Andragoras III est redoutée au-delà des frontières. En l’an 320 du calendrier parse, trois ans après le premier échec du royaume monothéiste Lusitania, ce dernier aux côtés d’un stratège doué « Le Masque d’argent » envahit Maryam et le Parse qui tombent. Le prince Arslan, âgé de quatorze ans, est évacué par le marzban Daruyn. Loin de sa capitale Ecbatana, le prince Arslan questionne ce qu’est être roi et réunit une armée afin de reprendre le contrôle de son pays. Mais voilà que le Parse affaiblit attire l’œil des pays limitrophes et que les dissensions entre les Parses et les Lusitaniens se font ressentir au sujet de la foi et de l’esclavage.

Note : 4.5 sur 5.

Une guerre des trônes : mon avis en quelques mots

Avant des réflexions un peu plus approfondies, je vous présente rapidement The Heroic Legend of Arslan et je vous donne mon avis. L’animé est adapté du manga dessiné par Hiromu Arakawa. Le manga raconte les trois ans précédents les romans originaux de Yoshiki Tanaka. L’histoire est donc une série de romans précédée par une histoire racontée en mangas, adaptés en animé de deux saisons. L’animé mêle plusieurs questions qui rendent cette guerre pour le trône plus qu’intéressante et originale. L’abolition de l’esclavage et la foi dans un contexte de guerre sainte sont deux éléments qui permettent d’aborder une troisième question, celle du bon roi et de son identité. Ces éléments de réflexion en arrière-plan alimentent l’intérêt de l’animé qui se poursuit en une série de stratégie et de combats parallèlement à de fortes émotions. En vérité, plus j’avançais dans cette première saison de The Heroic Legend of Arslan, plus l’animé me prenait. Si l’animation a quelques défauts, les points forts de la série sont son histoire, ses personnages et sa musique. Un véritable plaisir à écouter et à regarder puisque l’animé s’insère dans un contexte historique et géographique fictif mais inspiré !



Devenir un bon roi

Et si le terrifiant et courageux Andragoras III était tombé parce qu’il n’était pas un bon roi ? Selon le stratège Narsus, 1000 hommes peuvent en battre des dizaines de milliers uniquement grâce à la stratégie. En vocabulaire militaire, la stratégie est un axe plus global que la tactique qui se limite à la façon de combattre sur le terrain. C’est une question que se pose le prince Arslan auprès de ses compagnons de route. Son Altesse en exil qui a grandi loin de la Cour et loin de ses mœurs n’est peut-être pas digne d’être roi. Androgyne, naïf, frêle, ses capacités physiques sont à l’opposé de ce qui se fait à la cour de Parse. Mais est-ce que la royauté se limite à cela ? The Heroic Legend of Arslan questionne intellectuellement le sujet. Si le puissant cavalier noir Daryun a juré fidélité à Arslan et si le stratège Narsus l’a rejoint de son côté, c’est parce qu’ils croient en son Altesse et à ses idéaux. Au sein de l’animé, c’est plusieurs figures de roi qui s’affrontent tant au royaume de Parse qu’au royaume de Cindora. Des rois stratèges, des rois guerriers, des rois fous du pouvoir, des rois fainéants, des chefs fanatiques, des rois ayant foi en leurs idéaux. Qui serait le « bon roi » sur le trône de Parse, sujet aux conflits internes et externes ? Par ce questionnement, The Heroic Legend of Arslan ou Arslan Senki est un animé très stimulant. J’ai très vite accroché à l’histoire et de plus en plus, elle me passionne. Notamment parce que celle-ci n’adopte pas un caractère manichéen, et que si un roi pense faire le bien car rien ne laisse imaginer que sa décision pourrait être mauvaise tel un prince qui libère des esclaves, la réalité le rattrape aussitôt.



L’esclavage et la foi : au-delà d’une guerre de pouvoir

Au-delà de la guerre pour le trône, le sujet de l’histoire d’Arslan Senki est beaucoup plus profond. Dès le premier épisode, la question de l’esclavage et du commerce des êtres humains est au cœur de l’animé. Selon leur dieu Yaldabôth, les Lusitaniens considèrent chaque être humain comme leur égal. Cette doctrine n’est pas pensée ni imaginée par le Parse, et c’est pourtant là, entre autres, les raisons et les objectifs qui ont plongé le Parse dans le chaos et les Lusitaniens au trône du Parse. Remonter sur le trône demanderait donc d’abroger l’esclavage ? Quelle réaction des nobles de Parse qui en puisent la richesse ? Faudrait-il qu’Arslan se convertisse à la foi lusitanienne qui autorise l’assassinat des païens ? Car au-delà de la question de l’esclavage, le second sujet très intéressant de The Heroic Legend of Arslan est la question de la foi.

Le Parse, religion polythéiste, se retrouve confronté à la foi monothéiste de Yaldabôth. Celle-ci est plurielle, entre les fanatiques meurtriers, son instrumentalisation et ceux qui en ont la véritable conviction. Là encore, ce qui est très plaisant avec la série, c’est la rencontre de ces diverses situations qui provoquent des questions intéressantes. Sans oublier que là non plus, ce n’est pas manichéen : la foi de Yaldabôth a de bons côtés comme des mauvais, de même pour le prince Arslan qui n’en est pas, en partage certains côtés mais en renient d’autres. Dès le premier épisode, ces deux questions de l’esclavage et de la foi se rencontrent, incarnés par Arslan et Etoiles, un Lusitanien qui a quelques précédents avec Arslan. Cette relation se poursuit et se structure au fil d’Arslan Senki, alimentant la réflexion en parallèle des autres événements. Une solide écriture et encore une fois, stimulant intellectuellement et émotionnellement.


Plus j’avance dans cet animé, plus je vibre. 😌 Je n’avais pas ressenti ça depuis Naruto.

Originally tweeted by Les_Chroniques_de_Jeremy_Daflon (@Blog_de_Jeremy) on 13 juillet 2021.


De la guerre, de la tactique et de la stratégie mais pas que !

The Heroic legend of Arslan est un animé sur la chevalerie. Si l’histoire est totalement fictive, ses inspirations sont plurielles et ont un ton très réaliste dans ses grandes lignes. D’abord, concernant la période. On est ici dans un mélange d’Antiquité et de Moyen Âge. Antiquité par ses horizons, Arslan Senki s’inspire des paysages de l’Orient (à comprendre, la Turquie et ses alentours) la capitale Ecbatana est une citadelle fortifiée rappelant Constantinople, les déserts et le paysage vallonné font penser à l’Anatolie. Les noms même des lieux semblent y faire référence comme la bataille d’Atropathènes ou encore Arslân qui signifie « lion » en turc ottoman. Au-delà du Parse, le royaume de Cindora a aussi une inspiration historique. Cindora est ce pourrait appeler un royaume hindoue : ses personnages ont un tilak (cette marque rouge au milieu du front). Moyen Âge parce que les unités et les armes y ressemblent par leur grande taille et ses matériaux, ainsi que par le fait politique comme guerre des trônes, ou encore l’existence de Templiers dans cette guerre sainte.



La guerre occupe une place importante au sein d’Arslan Senki. Les batailles ne manquent pas, tant en plaine qu’en montagne qu’en ville, tant en petit nombre qu’avec des dizaines de milliers de troupes, tant en poursuite qu’en siège de citadelle. Toutefois, ces armées aux milliers de soldats ont un character design trop simple, dû à la difficulté de dessiner autant de personnages probablement. Si le combat est très intéressant, on peut noter que l’animation peine à reproduire une qualité exceptionnelle dans tous les mouvements. Le côté réaliste est parfois dévié au profit d’actions extraordinaires réalisées par des généraux hors du commun, mais attendons-nous vraiment à des combats singuliers uniquement réalistes au risque de manquer de rythme et d’originalité ? Si l’animation pèche quelque peu, ce n’est en rien grave. La guerre ne résume pas au combat, bien au contraire dans The Heroic Legend of Arslan, c’est la stratégie qui prime. Si vous êtes adorateur des plans de stratégie trop stylés, l’animé est fait pour vous. La tension règne toujours et c’est un véritable plaisir.

Si l’animé se résumait à bataille sur bataille, il deviendrait inintéressant. La guerre dans Arslan Senki est un moyen d’action sous l’autorité du roi et elle sert avant tout le roi. Ainsi, l’animé ne déconnecte pas ses différents axes : la question du bon roi, l’esclavage, la foi, la guerre des trônes, tout s’insère au sein des batailles et c’est là que l’on voit que le génie de l’écriture, rien n’est laissé au hasard.


Points positifsPoints négatifs
Son histoireUne animation qui manque de fluidité
Ses personnagesUn character design qui fait facilement deviner méchant/gentil
Sa musiqueFigurants ont un character design basique
Ses mystères
Ses réflexions

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