La science-fiction dans les années 1960

André Schäfer et Jonas Niewianda ont réalisé un documentaire nommé « Génération Spoutnik : l’âge d’or de la science-fiction » en 2016 et tout juste diffusé sur Arte. Si la construction du récit est un peu bordélique, la cinquantaine de minutes à l’avantage de nous présenter un état des lieux de l’art et du genre de la science-fiction à une époque qui voit pour la première fois l’humanité sortir de sa propre planète. Un résumé du documentaire ?



Le rêve de l’espace et la troisième révolution industrielle

Lorsque la mission Spoutnik I réussie le 4 octobre 1957 et que le premier satellite mis en orbite au monde émet des ondes sonores, une révolution se produit et toute une culture populaire se passionne pour le « futur ». En 1961, le premier homme est envoyé dans l’espace, après Laïka, une chienne. En 1965 se déroule la toute première sortie extravéhiculaire dans l’espace. En 1969, la mission Apollo 11 avec pour commandant de bord Neil Armstrong réussit le premier alunissage devant 500M de téléspectateurs, premier événement médiatique d’envergure mondiale. Alors que la technologie effraie à l’image de la bombe atomique, elle fascine tout autant grâce à sa conquête de l’espace et elle ouvre sur le monde, merci à la télévision ! Les années 60 sont « le temps de l’innocence », là où la 3e révolution industrielle liée à l’automatisation, à l’informatique, à la cybernétique change le quotidien des habitants et les fait rêver. La science-fiction devient une évasion pour cette jeunesse à l’enfance très encadrée avant le mouvement de libération des jeunes, des hommes et des femmes pendant les années 60. C’est dans ce contexte général que le documentaire « Génération Spoutnik : l’âge d’or de la science-fiction » nous présente – un peu dans n’importe quel ordre – tout un art autour de la science-fiction à cette époque. Si la construction reste à revoir, la diversité présentée – certes non-exhaustive et se limitant à des œuvres françaises et allemandes – est sérieusement intéressante dont je cite ici les principales œuvres mises en avant sous une liste thématique. 

L’art de la science-fiction dans les années 60

La littérature SF

Dans le documentaire intervient une figure de la SF allemande, l’écrivain Andreas Eschbach. Sa particularité n’est pas d’avoir été publié dans les années 60 mais d’avoir grandi à cette époque, il est né en 1959. Il a fait des études dans le domaine de l’aérospatial et publie en 1995 son premier roman SF avec Des milliards de tapis de cheveux rapidement traduit et au grand succès. Sa plus longue série est Le Projet Mars. L’intérêt de le lire est de comprendre l’influence qu’a eue sur ses écrits son enfance galvanisée par la conquête spatiale.

La BD SF

La bande-dessinée n’est pas en reste. En France, Pierre Christin et Jean-Claude Mézières publient Valérian et Laureline en 1967 au nombre de 23 albums. Cette série est une nouveauté pour l’époque. Revenant des États-Unis où ils vivaient, la production dessinée connaissait alors la naissance des superhéros. Désirant importer la SF en France où il n’existait quasiment pas, leur originalité réside dans la banalité de leur personnage. Laureline a été créée par inspiration au contexte américain, là-bas, les femmes prenaient de plus en plus d’importance dans la société.

Toujours dans la bande-dessinée mais pour adultes, la série Barberella a été créée par Jean-Claude Forest (4 albums) dans un cadre où la SF était un divertissement considéré comme de 3e zone notamment pour jeunes adolescents. Les premiers épisodes sont parus dans une revue érotique sans règles de bienséance. Si la BD a été censurée en France, un film franco-italien a été produit en 1968 avec Jane Fonda. Barberella est une histoire dans laquelle la femme se retrouve au premier plan, en lien avec la libération de la femme mais démontre également que la femme – hormis pour sa nudité – est mise en arrière-plan en étant l’exception qui confirme la règle.



Les séries SF

Au niveau des séries, deux nous sont succintement présentés. D’abord, la série ouest-allemande Commando spatial : la fantastique aventure du vaisseau Orion (1966) de Rolf Honold. Plus aucune nation existe, uniquement une humanité unie qui vit sur Terre et ses colonies, jusqu’au fond-même des océans. Également il y a Mr. Terrific (1967), là où la nourriture est transformée en pilule : c’est ce que l’on pensait du futur de l’alimentation humaine avec les progrès de l’industrialisation.



La musique SF

Là où le documentaire commence à trouver son originalité, c’est en nous parlant de groupes de musique futuristes avec comme exemple le groupe « The Spotnicks » et son album Meet the Spotnicks (1964) aux allures de rock ou encore le titre Robot (1964) de The Tornados.



L’architecture SF

Dans l’architecture maintenant, le documentaire met en avant le groupe d’architectes britanniques Archigram. Cherchant à répondre à la question : « comment allons-nous vivre demain », le cabinet propose une utopie urbaine.

Dans la peinture, Walter Jonas s’est également interrogé sur la ville futuriste à travers sa cité idéale : Intrapolis. Un entonnoir renversé, inspiré des pyramides d’Égypte, avec en son centre un cœur verdoyant et une communauté urbaine qui y vit tout autour. Une vie communautaire où la notion d’écologie existe. Chaque entonnoir est relié par une passerelle à un autre pour une question de stabilité puisque les villes… flottent dans le ciel !



La publicité SF

Enfin dans la publicité, Afri-cola. Son slogan : « Sexy, Mini, Super » à contre-courant de la culture pudique de l’époque met en avant des femmes buvant du cola de cette marque allemande en tenue plutôt légère. Dans le cadre du mouvement de libération des femmes, les contemporains pensaient que c’était ça le « futur ».


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