Yasuke, un anime sur le samurai noir

Sortie le 29 avril 2021 sur Netflix, l’animé Yasuke est un véritable condensé d’action et de magie au sein du Japon féodal. Si le scénario peut manquer de profondeur, mes yeux n’ont pas perdu une seule seconde de cette belle histoire de samurai, bourrée d’effets visuels à nous en péter la rétine et d’une puissance magique phénoménale. En prime, un dernier épisode en action et en musique en totale apothéose.



Titre : Yasuke

Réalisateur : Lesean Thomas

Studio : MAPPA (Zombie Land Saga, SNK)

Genre : Fantastique, Historique, Animation

Plateforme : Netflix

Sortie : 29 avril 2021

Saison et épisodes : 1 saison, 8 épisodes, (~27 min)

Résumé : Un paisible batelier, autrefois connu sous le nom de « samouraï noir », doit retourner au combat lorsqu’il prend sous son aile une petite fille aux pouvoirs mystérieux.

Note : 3.5 sur 5.

Yasuke : Un immense fourre-tout japonais féodal

Yasuke est un esclave africain du XVIe siècle. La légende fait de lui un samurai et c’est sur ce biais que LeSean Thomas décide d’en faire un animé. Au diable la fidélité historique, ne regardez pas Yasuke car vous n’en aurez pas. Dans ce Japon féodal, les ténèbres, la magie, les méchas, les samurai et les paysans sont tout un ensemble d’êtres qui coexistent plutôt mal. Sur ce point, le cadre historique est plutôt respecté. Les guerres ont mis sur le trône la Daimyo, la reine des ténèbres si vous préférez. Le pitch de base est simple : la plus puissante utilisatrice de magie craint celle qui menace son existence (Saki), au bord de la mort elle décide donc de la tuer pour rallonger sa longévité. C’est sans compter Yasuke, samurai reconverti en batelier, qui décide de la protéger.

Un cadre géopolitique ambigüe

Yasuke dans ses trois premiers épisodes usent avec de magnifiques transitions du concept passé/présent. Le premier éclaire le second au gré des événements, un plaisir qui permet de varier les époques et d’approfondir l’histoire. Néanmoins, le cadre géopolitique reste difficile à cerner. J’ai eu du mal jusqu’à la fin de savoir qui était avec qui et qui se battait contre qui lors des guerres passées. Sur le temps présent, le constat est simple : les perfides à la recherche du pouvoir se battent contre les opprimés, au milieu des mercenaires et des résistants. Toutefois, la présence d’un missionnaire de l’Église catholique m’étonne toujours. Peut-être un easter egg pour rappeler les sources historiques dont nous disposons sur Yasuke, ou lié aux missionnaires présents à l’époque, j’en trouve néanmoins l’utilité limité. Celui-ci affirme que l’Église est à la recherche du pouvoir de la jeune fille, sans qu’il n’y ait rien de plus. Au passage, ce personnage est terrifiant : on dirait une fusion entre Hiruzen Sarutobi et Ônoki de Naruto. Cependant, là où j’ai été le plus sceptique, c’est vis-à-vis de la « carte » de l’histoire. Yasuke nous fait état d’un centre contrôlé par la Daimyo et des périphéries où vivent les opprimés. Toutefois, le camp de ladite « introuvable » résistance se trouve en bordure-limite, à environ 500 mètres du lieu où vit la Daimyo, suscitant alors mon incompréhension…



La jubilation de la puissance et de l’action

Ce sont là les points forts de Yasuke : l’histoire, l’action, la puissance, les effets visuels. Le fond du scénario n’est pas rocambolesque, si ce n’est de traiter de l’honneur des samurai, et la fin est un peu téléphonée. Néanmoins le déroulé de l’histoire est très entraînant. L’action ne s’arrête quasiment jamais, les combats pleuvent tout comme les flèches, Yasuke est gore à souhait au point que ça en devient ridicule. Les lames qui coupent des os tels des jambons, des corps qui se détachent en deux… si vous êtes amoureux du sang, vous allez en voir des litres couler. Dans ce Japon féodal fantastique, presque rien ne manquait : des combats de méchas, des mages (qui dansent d’une manière ridicule pour lancer leurs pouvoirs), des archers, des paysans… Personnellement, mon gros kiffe dans Yasuke, c’était de voir Yasuke et Saki combattre ensemble. Très ravi de voir que cette petite fille ne pleurniche pas mais fait œuvre de puissance. Quel gros kiffe de la voir utiliser ces pouvoirs. On ressent que le studio MAPPA – qui a bossé sur Zombie Land Saga et SNK – a énormément travaillé sur les effets visuels. Ceux-ci sont magnifiques, l’animation reste plutôt fluide et globalement c’est très beau à regarder. Les couleurs collent parfaitement au ton fantasy/fantastique utilisés et on en vient presque à croire que le but est de nous aveugler. On note l’ambiance musicale au top, notamment dans le tout dernier épisode qui est fantastique.



Des protagonistes travaillés

Dans ces huit épisodes de Yasuke, on peut compter une dizaine de personnages principaux et secondaires. Un nombre peu élevé mais une qualité assurée. Les personnages sont réutilisés régulièrement à bon escient, on sent leur propre et véritable identité, en découle un certain attachement rapide. Pas un ne se ressemble et ils se distinguent tous physiquement de la multitude de figurants – et futurs cadavres – des champs de bataille. Parmi ces figurants, un petit mot sur les méchas qui sont vraiment bien dessinés : je reste même ébahi lorsqu’ils arrivent sur le champ de bataille.

Une suite pour Yasuke ?

Une suite pour Yasuke ? La fin de l’animé n’a pas de cliffhanger. Yasuke pourrait très bien se terminer définitivement ici – puisque l’histoire est achevée – tout comme une nouveau scénario pourrait être écrit. On peut peut-être alors y réfléchir. Je ne suis pas du tout connaisseur en culture japonaise, mais dans mes recherches (rapides), j’ai vu que le daimyo n’était pas le titre le plus élevé. Celui-ci est grosso modo un titre nobiliaire, sous l’autorité d’un shogun (général) dans le Japon féodal. Alors pourquoi ne pas imaginer qu’au-dessus de la Daimyo, il y est une puissance encore plus forte ? Ou justement, quand la Daimyo a dit à Saki que son corps demanderait de plus en plus de puissance jusqu’à la consumer, peut-on imaginer que Saki deviendrait elle aussi ce qu’est devenue la Daimyo, obligeant ainsi Yasuke à se battre contre elle ? Voilà deux suites forte intéressantes.


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