Aladdin, avec le regard d’un adulte sans nostalgie

Retour sur Aladdin, le film de 1992 que je n’ai jamais vu – ou du moins sans souvenir. L’œuvre de Disney ouvre le bal des festivités de Noël. Avec le regard d’un adulte sans nostalgie et 27 ans plus tard, que donne Aladdin ?



Titre : Aladdin

De : John Musker, Ron Clements

Doubleurs VF : Paolo Domingo, Richard Darbois, Magali Barney…

Genre : Animation, Romance

Sortie : novembre 1992

Durée : 1h20

Synopsis : Comment Aladdin, grâce à la felonie du grand vizir, va se procurer la lampe magique qui héberge le fameux génie et nous entraïner dans la plus étonnante des aventures.


Une conception compliquée et précipitée

Aladdin met en scène un conte d’une culture peu habituelle pour le cinéma d’animation américain. Le film est encadré par La Belle et la Bête ainsi que Le Roi Lion. Malgré ces deux immenses colosses, Aladdin devient le film d’animation le plus rentable de l’histoire en 1992. Pourtant, sa conception connue rapidement des problèmes. L’idée avait déjà germé en 1988 lorsque l’auteur-compositeur de La Petite Sirène, Howard Ashman, composa un scénario à partir du conte des Mille et une nuits. Le projet est mis de côté pendant la production de La Petite Sirène par les réalisateurs Musker/Clements qui reprennent bien vite l’idée d’Ashman. Alors que ce dernier décède en 1991, l’histoire est présentée à Jeffrey Katzenberg, président des studios Disney, qui refuse ouvertement le film et demande à ce qu’il soit reconstruit alors que la sortie est prévue dans une année et demi. Ce sont dans ces conditions particulières qu’Aladdin est créé.

L’histoire du film Aladdin : le tournant humoristique de Disney

À la voix du Génie, le grand improvisateur Robin Williams incarne le tournant humoristique pris par les films Disney, renouant avec les cartoons d’autrefois. Le Génie est le premier de ses personnages d’acolyte humoristique, en suivra une bonne lignée, Iago pouvant incarner également ce phénomène. Malgré toutes ses récompenses, le film fut critiqué par son côté dit raciste. En premier lieu, la chanson Arabian Nights en salles fut critiquée par son côté stigmatisant sur une supposée violence de la culture arabe, elle a été retouchée à la sortie vidéo. En second lieu, alors que Jasmine et Aladdin ont un anglais parfait et une peau blanche, les méchants ont une peau foncée et quelque peu idiot. J’en vois beaucoup qui applaudissent la sournoiserie de Jafar, mais honnêtement il n’est pas si intelligent que ça. Ceci dit, lorsque j’ai moi-même regardé le film, à part la caricature du méchant-type, je n’ai pas remarqué cette différence de couleur.



Une romance impossible

Aladdin, c’est l’histoire d’une romance impossible. Entre une princesse unique enfant donc héritière qui tombe amoureuse d’un orphelin sans famille ni argent. Sur le rang social, il est donc impossible pour lui et elle de se marier. Si certains trouvent cette histoire terriblement romantique, je la trouve jolie sans plus puisque c’est un thème aujourd’hui vu et revu mais peut-être pas lors de la sortie, et probablement pas dans une culture arabe. Aladdin nous propose une morale convaincante et adaptée à un Disney : pour aimer et être aimé, mieux vaut être soi-même, peu importe les interdits. Mais si on parle de magie de Disney, c’est sans doute parce que ceci est normalement impossible… Mais deux amoureux antagonistes par leur rang social est un fil qui s’est déjà vu dans Roméo et Juliette tout simplement. Par contre, plus intéressant et qui se glisse dans ce thème, c’est celui de la liberté. Entre une princesse « enchaînée » et un voleur sans attache : un excès ou aucune liberté serait tout deux défaut. Un thème à approfondir.

Le rêve bleu : pas ma chanson préférée

La chanson du rêve bleu est si belle et romantique pour une grande majorité des fans de Aladdin. Personnellement, ce n’est pas ma chanson d’amour préférée de Disney, préférant L’Amour brille sous les étoiles du Roi Lion. Et ce n’est ni ma préférée dans Aladdin, je trouve à ce titre que la chanson du Prince Ali est plus entraînante et jolie. En effet, cette parade du prétendant défilant avec ses richesses – pas seulement numéraires – et les qualités que se doit d’avoir un prince m’est plus parlante, peut-être à cause de mes études d’histoire. J’ai d’ailleurs beaucoup aimé comment le génie prend le rôle du crieur afin de rameuter la ville tout autour de la parade du prince.



Le diamant d’innocence

Aladdin est-il innocent ? Non, mais est-il coupable ? Pas forcément. Voler pour manger. Manger pour survivre. C’est sous cet angle que Disney accepte volontairement le droit de voler. D’autant plus que selon l’histoire, Aladdin reste pur et innocent : c’est le « diamant d’innocence ». D’ailleurs, ce ne sont ni la lutte de classe ni la pauvreté qui animent Aladdin. Lui si heureux alors qu’il mendie et rêve d’un palais. Il accepte sa condition sans rechigner, et n’est pas frustré du palais qui mesure 10 fois la ville alors que celui-ci n’a aucun logis. Tandis que la princesse Jasmine, elle, s’en fiche bien de sa richesse et souhaite la liberté. Aladdin exprime-t-il que sans la richesse, la liberté est fade, et que sans liberté, la richesse ne vaut rien ? Ces deux univers se rencontrent et fusionnent grâce à l’intervention d’un Génie, figure relevant purement de l’imaginaire, qui peut réaliser trois vœux sauf tuer, ressusciter et aimer. Ce Génie qui permet une ascension sociale est là pour soutenir le plus faible (Aladdin) et sert à niveler le rang social entre Jasmine et lui. Sans ce coup de pouce divin, l’union était impossible. Est-ce dire que sans Génie, l’élévation sociale est impossible. Comme Aladdin, faut-il rester figé là à rêver d’un palais ? C’est aussi dire que l’amour est plus fort que tout, peu importe sa condition humaine.


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