Proxima, l’envers du décor du voyage spatial

On associe souvent une mission spatiale à son voyage et à la découverte de l’espace, ignorant pourtant l’envers du décor. Proxima trouve son originalité dans la préparation même de ce voyage où entraînement difficile coïncide avec rupture familiale et amicale. Un angle du sujet peu étudié.



Titre : Proxima

Réalisatrice : Alice Winocour

Acteurs : Eva Green, Zélie Boulant-Lemesle, Matt Dillon, Lars Eidinger

Genre : Drame, Action

Nationalités : Français, Allemand

Durée : 1h46

Sortie : novembre 2019

Synopsis : Sarah est une astronaute française qui s’apprête à quitter la terre pour une mission d’un an, Proxima. Alors qu’elle suit l’entraînement rigoureux imposé aux astronautes, seule femme au milieu d’hommes, elle se prépare surtout à la séparation avec sa fille de 8 ans.


L’envers du décor au premier plan

Si je joue avec les mots sur mon titre, ce n’est pas par hasard. Je me souviens d’avoir regardé Le Monde de Jamy sur le voyage dans l’espace, avec comme invité Thomas Pesquet qui nous fait l’honneur d’être présent sur le tournage. Émission dans laquelle j’ai découvert l’incroyable complexité de l’entraînement et la sélection des astronautes. Pourtant, dans les films de science-fiction traditionnels (Ad Astra, Aliens), jamais n’est véritablement évoqué cette problématique qui est au cœur de notre film Proxima. C’est vrai quoi : subir un entraînement lourd et s’envoler de la Terre pendant plusieurs mois n’est pas sans danger et sans conséquence. Le temps tourne et la rupture (certes temporaire) avec la famille, surtout les enfants et les amis n’est pas facile du tout. C’est ce que vit Sarah. Dépêchée au dernier moment pour remplacer un camarade, elle doit subir un entraînement intensif sur une période relativement courte et se préparer à se séparer de sa fille de 8 ans, Stella.



Proxima, un film émouvant

Proxima n’est pas un film de science-fiction. C’est un film émouvant parce qu’il y a un réalisme derrière. La relation entre Sarah et Stella est extrêmement bien travaillée. Le scénario et la réalisation savent appuyer là où il faut pour que l’émotion surgisse. Il y a une telle complicité entre ces deux personnages qu’on a mal au cœur pour eux de savoir qu’ils devront se quitter. Bien que si on sait que cela ne sera que temporaire, ce qui permet au fond de relativiser. Mais c’est vrai qu’on ne pense jamais à cette séparation parent-enfant. Et pourtant, il y en a eu beaucoup dans l’histoire spatiale. Le générique du film en témoigne par de sublimes photographies où sont représentés parent dans sa tenue d’astronaute et enfant(s), souvent en bas-âge. Un angle d’étude du sujet intéressant et original. Parallèlement, j’ai beaucoup aimé les multiples nations représentées dans Proxima, on y entend du français, de l’anglais, de l’allemand, c’est très plaisant et original à l’oreille. Cette petite Stella qui connaît tout du voyage de sa mère, jusqu’à en connaître les procédures par cœur, mais qui ne peut s’empêcher d’avoir peur. Devant elle, une mère qui lui cache son chagrin et ses difficultés et qui tente de la rassurer. Un père présent pourtant, mais qui ne fait pas le contrepoids.



Les mauvais points que Proxima a évité

En lisant le synopsis et en regardant le film, j’ai eu quelques frayeurs sur ce que pouvait présenter Proxima. Je n’avais vraiment pas envie de voir un film sexiste, où l’un des enjeux est féministe, ni de caricatures. Pourtant, Proxima a frôlé ces points-là. Tout d’abord, quand on lit dans le synopsis « seule femme au milieu d’hommes », on pourrait s’attendre à ce que l’un des thèmes traités, voire principal, soit celui de la femme qui doit affronter monts et merveilles pour s’imposer. Néanmoins, son attachement à sa fille lui cause des problèmes dans son entraînement et donc dans ses relations avec ses compères, ce qui reste intéressant. C’est vrai que l’un des astronautes a fait un ou deux commentaires sexistes. Mais selon moi, les astronautes sont trop intelligents pour que réellement, ils puissent faire preuve d’autant d’immaturité. Heureusement, le film ne s’est pas lancé davantage sur cette problématique pour le plus grand bien de chacun. Ceci dit, on a failli avoir une caricature. Sarah étant séparé, j’avais vraiment peur qu’elle rencontre l’amour, encore plus si celui-ci est celui qui lui fait des commentaires sexistes.



Une femme : mère avant tout ?

J’ai lu un commentaire sur Allociné qui disait ceci : « Un très beau film tout en finesse qui rend hommage aux femmes astronautes qui sont avant tout des mères. » Je ne suis pas d’accord. Une astronaute est avant tout une astronaute, elle n’est pas forcément mère par ailleurs. Je pense d’ailleurs que c’est une antithèse au film qui souhaite démontrer, succintement, qu’une mère peut être astronaute avant tout. Comme un père peut être astronaute et avoir également du mal à concilier son départ avec son enfant. On notera que dans Proxima, ce sont les femmes qui s’occupent des enfants et les pères sont absents. Quelque peu caricatural, d’autant plus qu’en réalité le père de Stella n’est pas à l’image décrite par Sarah, et sans doute sexiste. Mais sinon, Proxima n’a pas de gros mauvais point (quelques petits quand même… : quand ils ratent l’avion, quand elle fait le mur) et je trouve la fin du film très belle, entre l’ex-mari qui pleure et la petite heureuse, ce qui transcende avec le reste du film, ceux qui l’auront vu comprendront. Pour le reste, je ne peux que vous le conseiller.

Note : 4 sur 5.

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