Downton Abbey : une fin royale

Journée grise et pluvieuse, à travers les nuages, le soleil qui porte l’ombre du château de Highclere, témoins de 6 saisons de la série Downton Abbey, m’éclaire. La série a donné vie à un long métrage, le dauphin d’une histoire aristocratique. Sans spoil.



Titre : Downton Abbey

Réalisateur : Michael Engler

Scénario : Julian Fellowes

Acteurs : Hugh Bonneville, Elizabeth McGovern, Michelle Dockery, Laura Carmichael, Maggie Smith, Penelope Wilton, Allen Leech, Matthew Goode, Jim Carter, Phyllis Logan, Brendan Coyle, Rob James-Collier, Joanne Froggatt, Lesley Nicol, Sophie McShera, Kevin Doyle, Raquel Cassidy

Durée : 2h

Genre : Drame historique

Synopsis : Lorsque la famille Crawley reçoit un courrier annonçant la venue du roi et de la reine à Downton Abbey, tout le domaine se précipite à préparer leur arrivée. En outre, sont annoncés les domestiques de la cour royale qui s’avèrent quelque peu envahissant…


Menus plaisirs : de la musique à la photographie, de l’art

Julian Fellowes est toujours aux commandes et nous livre un Downton Abbey dans la continuité de la série. Si bon de redécouvrir cette ambiance, ce cadre de vie, cette culture de vie, cette musique originale et si bien ancrée sur le ton de la série. Les scènes de bal permettent de profiter d’un orchestre au-delà d’un accompagnement musical traditionnel. Si beau à écouter. Si beau à regarder : la photographie est très travaillée, plus amplement encore que dans la série. Downton Abbey s’en retrouve magnifié, magnifié d’un horizon varié, une caméra se glissant sous les branches par un matin ensoleillé ou dans le décor sombre d’une tempête qui s’avance. La réalisation est elle aussi artistique, plus technique, sans doute plus libre mais toujours aussi talentueuse et dans la continuité.



Querelle pour la majesté et l’honneur

Downton Abbey est une confrontation en sous-sol entre deux maisons. À l’extérieur, de douces relations traditionnelles et honorables mais au fond, à l’abri des regards, une bataille pour l’honneur se joue entre la cour royale et la cour de Downton Abbey qui entend ne pas se faire marcher dessus. C’est dans ce contexte que notre maison préférée va tenter de faire bonne impression au roi qui a pour commune habitude d’être servie uniquement par sa cour. Cette querelle est pourtant teintée de quelques discours antiroyalistes qui rajoute une saveur épicée à l’histoire.

Daisy ou le désir de rébellion

Une intrigue intéressante qui ne prend pas toute la place sur le papier, qui ne domine pas les autres et qui participe de manière structurelle à l’histoire : voilà ce qui m’a conquis dans Downton Abbey depuis le départ : une multitude d’histoires mais pas aussi dramatiques que ce qu’on pourrait trouver dans les autres séries. Daisy est un personnage de second plan, mais présente depuis toujours dans la série. Son visage qui lui donne l’aspect d’une très jeune fille rompt particulièrement avec la maturité qui lui a été donnée à la fin de la série, et davantage encore dans le film. Elle porte un discours antiroyaliste, une cérémonie de cirque selon elle, sans être dans la mesure de savoir ce qu’elle pense concrètement politiquement. Un discours qui s’insère de manière plus globale dans un essai de remise en cause, d’une manière neutre, des privilèges monarchiques et de la culture actuelle. Finalement, on est toujours dans cette continuité avec la série qui traduisait la mise en place d’une culture aristocratique différente d’autrefois : le changement de cadre de vie de cette aristocratie qui doit composer avec un changement des mœurs, une économie différente qui tend à l’affecter péjorativement et donc de vivre différemment.



Tom Branson : question de loyauté envers la couronne

La venue de ses altesses à Downton Abbey est toute particulière quand on sait qu’y loge Tom Branson, partisan de l’Irlande indépendante et ne partageant pas les valeurs monarchistes, qui devenu gendre de Lord Grantham s’est au fil acculturé. Mais que va-t-il se passer avec la venue du roi en personne ? Cette histoire est tout simplement très bien pensée, s’achevant sur un schéma peut-être quelque peu naïf mais l’absence de l’idée aurait été remarquée… La série nous démontre ainsi une véritable maturité et évolution des personnages et de leur mentalité.

Thomas Barrow, l’achèvement qui manquait à la série

La série s’achevait sur une bonne note pour Thomas Barrow. Ce personnage que l’on détestait nous faisait parfois pitié, de l’empathie qui amène à l’adorer. Il est passé par tous les chemins, du vicelard à l’homme digne avec des principes. Pourtant, il manquait quelque chose à la série : une situation de résolution sur son homosexualité, que l’on connaît depuis la première saison mais qui n’a que peu évoluer. Mais au contraire, le film nous propose un regard sur son orientation sexuelle, sur sa vie privée, sur le secret qu’il cache. Exactement ce qu’il me fallait. On est heureux, puis en colère. Toujours en colère mais heureux pour lui. Ce regard reste subtil, il ne fait que entrapercevoir la condition des homosexuels de l’époque, mais c’est une fenêtre par laquelle il fallait passer.



Downton Abbey : la fin d’une histoire ?

Downton Abbey s’achève définitivement ? La fin que nous propose le film ne suppose pas une suite, mais ne suppose pas le contraire non plus. Les années avancent, encore quelques décennies, et l’histoire aura rattrapé notre année. Il est pourtant question de l’avenir de Downton Abbey, je pense à la discussion entre Mary et sa grand-mère toujours brillamment interprétée par Maggie Smith qui fait un magnifique match de tennis de vannes avec Isabelle Grey, Lady Merton. Une morale, et une fin sous le soleil couchant qui semble nous narrer la survie de Downton Abbey et des Crawley encore un siècle, une famille qui connaîtra comme elle l’a toujours connue, des changements, un espoir qu’il faut conserver en soi et… bientôt, la fin d’une génération.

Faut-il avoir regardé le série ?

Il n’est pas nécessaire d’avoir vu la série Downton Abbey pour regarder le film, mais le faire est tout de même conseiller pour avoir été imprégné du doux parfum de la série, des comportements et de la vie de chacun des personnages qui ne sont pas énormément développés dans le film, et aussi de comprendre quelques messages philosophiques, si j’ose le terme, que j’ai énoncés ci-dessus.

Conclusion

Downton Abbey le film s’inscrit dans la continuité de la série. Plus technique, encore mieux travaillée, le long métrage est épatant et la redécouverte des personnages est toujours aussi plaisante. Un film qui clôt une longue histoire que j’ai adorée suivre, qui a un fond très intéressant en ce qui concerne la mutation des mentalités au fil des décennies, un scénario original qui met en majesté, pour un grand final cérémoniel, toute la famille de Downton Abbey.

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