Scarface, la mafia au cœur d’une BD intense

Adapté du roman éponyme d’Armitage Trail, Scarface est une bande-dessinée de haut niveau. Rarement les planches ont été rapidement aussi tournées que dans cette histoire de mafias.


Titre : Scarface

Auteur : Christian de Metter

Éditeur : Casterman

Pages : 108

Adaptation : du roman Scarface d’Armitage Trail

Synopsis : Dans les rues de Chicago au début du XXe siècle, sous le regard inquiet de son frère ainé Ben, un policier, le jeune Tony Guarino montre d’évidentes dispositions pour les activités délictueuses. Vite nommé second d’un caïd local, puis revenu balafré de la Première Guerre mondiale en Europe, il va connaître une ascension fulgurante au sein de la pègre, avant d’en devenir le big boss. Façonnée par la violence, sa vie s’achèvera de la même manière, dans un face à face tragique avec son propre frère. Inspirée en partie par le personnage d’Al Capone, plusieurs fois transposée au cinéma, voici l’histoire de l’une des plus célèbres figures du polar, revisitée avec maîtrise et talent par Christian De Metter, à partir du roman-culte d’Armitage Trail.


L’ambiance des jeux « Mafias »

Si vous avez adoré l’ambiance des jeux Mafias, vous adorerez cette bande-dessinée. On y retrouve tous les codes, un homme débrouillard et intelligent, quelque peu paranoïaque qui a fait la guerre et qui décide de reprendre sa vie en main sous une fausse identité. Une vie au sein d’une ville gérée par les gangster, par les mafias qui se partagent le territoire et tuent l’ennui en faisant exploser quelques quartiers, en assassinant un ou deux gars pendant que la police est aux abois. J’ai vraiment retrouvé cette ambiance, au sein même du personnage de Tony Guarino qui fait fortement penser à l’individu que l’on incarne dans le deuxième opus du jeu-vidéo. Sincèrement je ne pensais pas qu’elle m’entraînerait autant, à la base je ne suis pas trop de cet univers là mais Scarface m’a donné l’envie de m’y intéresser plus amplement.

Tony Guarino ou l’homme à ne pas emmerder

Clairement, outre le caractère organisateur et chétif du personnage, ce sont ses côtés paranoïaques et misogynes qui ressortent le plus à travers Tony Guarino, tout à l’opposé de son frère Ben, un vrai petit ange qui porte aussi l’arme, mais du côté de l’uniforme. L’irrespect de Tony donne un ton humoristique car inattendu : je n’ai jamais vu une femme se faire aussi mal-respectée dans une histoire que celle-ci. À l’inverse, on y trouve des femmes fortes, respectées, au haut rang telle que la « porte-flingue » qui apporte un vrai plus à l’intrigue. Dans Scarface, ça n’hésite pas à tirer et à tuer, à user de stratégies et à faire tomber les chefs. Dans cette guerre permanente s’inscrit de manière enchevêtrée et excellente une morale : le monde de la pègre respecte quand même quelques honneurs. Ce sont ces dernières qui vont donner à Tony Guarino ce côté imprévisible.

Un style sombre, une écriture étincelante

Le noir et le bleu lumière nuit règnent dans Scarface, mais pas de panique, le dessin est sobre, plutôt simple et sans détail indigent : un graphisme particulier, difficile à décrire mais qui correspond étrangement bien pour l’époque. Quant à l’écriture, tant au niveau de l’histoire, des dialogues mais aussi à l’intérieur des planches. Déjà dit, cet enchevêtrement de la morale dans l’histoire. Le scénario qui ne s’arrête pas, on rebondit sans cesse sur de nouveaux questionnements et dans de nouvelles actions. Du début à la fin, on ne s’ennuie pas et on reste surpris jusqu’à la fin qui nous laisse la possibilité de l’imaginer.


7 commentaires sur “Scarface, la mafia au cœur d’une BD intense

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  1. Bonsoir, bonsoir !
    Je lis ta chronique comme tu l’a mise dans le challenge de l’imaginaire et j’étais intriguée 😉 Ca a l’air super sympa à lire ! Mais est-ce que ça entre vraiment dans le cas du challenge ? Parce que ça semble plutôt être historique que fantastique.
    A très vite !

    Aimé par 1 personne

      1. Merci pour ta réponse !
        Une histoire inventée n’en fait pas un récit de l’imaginaire mais de la fiction. Je te renvoie à la définition incluse dans la description du challenge (je te la joins en bas de ce commentaire). Pour l’Hermione, il s’agirait donc, si l’on veut être précis, de fiction historique (super genre littéraire, là encore). Je ne vais donc pas comptabiliser ces lectures, désolée (il aurait fallu de la magie, le monstre du Loch Ness ou quelque chose comme ça pour que ça entre dans le fantastique).

        L’objectif de ce challenge est de lire et de chroniquer des ouvrages appartenant à la littérature de l’Imaginaire, à savoir :
        – la Science-Fiction
        – la Fantasy
        – le Fantastique
        (avec leurs sous-genres comme la dystopie, la bit-lit etc.).

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      2. Ah non, et c’est pour ça qu’il y a la description dans l’énoncé du challenge, et d’ailleurs les ME elles-mêmes séparent bien la fiction de l’imaginaire, avec Albim Michel et sa collection Imaginaire, Folio SF qui participe et fait la promotion du mois de l’imaginaire… 😉

        Aimé par 1 personne

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