L’Hermione : La conspiration pour la liberté, un récit d’espionnage

Dans la collection Black Crow raconte, Jean-Yves Delitte nous livre un ouvrage palpitant au cœur du triangle français, anglais et indépendantistes américains de la fin du XVIIIe siècle.


Titre : L’Hermione : La conspiration pour la liberté

Auteur : Jean-Yves Delitte

Éditeur : Glénat

Prix / Pages : 13.90€ ; 48 pages

Synopsis : À travers l’histoire d’une frégate, devenez le témoin de l’indépendance du peuple américain au siècle des lumières. En 1778, dans l’arsenal de Rochefort la frégate l’Hermione est mise en chantier d’après les plans de l’ingénieur Chevillard Aîné. Pendant près d’un an, charpentiers, perceurs, calfats, forgerons et bagnards se relaient pour construire ce navire de près de 45 mètres, doté d’une voilure de 1500 m2, de 26 canons pouvant tirer des boulets de 12 livres. En 1779, Gilbert Motier, marquis de La Fayette, cherche à obtenir de la France un soutien ferme et officiel dans le conflit qui oppose l’Angleterre et ses treize colonies en Amérique du Nord. Louis XVI accepte d’apporter une aide militaire et financière aux hommes du général Washington et ordonne à La Fayette d’embarquer sur l’Hermione pour combattre aux côtés des insurgés. Embarquez à bord de cette nouvelle aventure mise en scène par Jean-Yves Delitte et découvrez un témoignage vivant de l’histoire de la construction navale. Dans un récit haletant, partagez le quotidien des hommes de Rochefort pour mettre à l’eau la frégate, les tribulations de Beaumarchais, espion du Roi, pour découvrir les ennemis de la Liberté et surtout le voyage de La Fayette pour venir en aide aux insurgés américains.


Une affaire d’espionnage

Alors que la France prépare ses plans pour le général La Fayette et sa mission aux Amériques, l’Angleterre envoie un espion à la Rochelle pour savoir ce que son ennemi traditionnel trame avec les indépendantistes. Plus qu’une affaire de bateau, cette bande-dessinée est une affaire d’espionnage dans le très intéressant triangle français-anglais-indépendantistes. En effet, la France est sortie affaiblie de la guerre de Sept Ans (1756-1763) et cherche à prendre sa revanche face à l’Angleterre qui s’en est sortie renforcée. C’est ainsi pour cette raison que la France prend la décision de soutenir les indépendantistes américains – les treize colonies – face à la Grande-Bretagne lors de la Guerre d’indépendance des États-Unis (1775-1783). J’en parle parce que ce contexte est l’atout de la BD, j’aime beaucoup les relations France-Angleterre et cette période de l’histoire que j’ai étudiée en licence. De plus, je suis dans une période où j’adore suivre les histoires maritimes et le personnage de La Fayette me passionne. Un tas d’éléments enchevêtrés qui m’a fait aimer la BD puisque le scénario puise dedans et reste une affaire d’espionnage jusqu’à la fin.

Le fil et le trait

C’est vraiment une œuvre qui m’a porté et très intrigué. C’est peut-être l’une des bande-dessinées dont j’ai le plus suivi avec intérêt le dénouement. Il faut avouer que c’est bien construit et écrit, le côté français connaît un personnage paranoïaque – dont ce côté aurait peut-être pu être accentué – tandis que l’espion fait ses petites affaires. Toutefois, on notera une petite réserve sur l’accroche de la BD qui peut spoiler le dénouement de l’intrigue. Quant au dessin dans sa globalité (personnages, décor, paysage, style), il est bon. C’est agréable à regarder, c’est lumineux, varié pour le décor et coloré. Pourtant, j’ai une peut-être réserve concernant le portrait de certains personnages qui se ressemblent au sein d’une même case beaucoup… C’est lumineux et riche en décor, mais il n’y a pas de distinction entre les plans donc il est un peu difficile de ne pas avoir les yeux « agressés » par tout ce détail et visualiser le tout bonnement. Mais sinon le style convient très bien à la période, j’adore les tenues qui ne sont pas non plus excentriques. On remarque bien le caractère des personnages mais pas assez dans le faciès par contre, et les pages de nuit qui sont colorés de noir sur les bords sont géniales.

La portée de la BD

Ce qui est intéressant aussi avec L’Hermione : la conspiration pour la liberté, c’est la portée qu’elle a en son sein. Non seulement, elle nous apprend bien des caractéristiques sur la frégate, sur les modalités et les lieux de sa construction mais également des personnages historiques qui ont côtoyé le bateau. Cependant, je n’ai pas retrouvé de traces qui parlent d’un espion anglais. Dans le livre, il est indiqué que ce dernier est le fils de Sir Rodney et il existe bel et bien un amiral britannique de l’époque sous ce nom, mais aucun fils qui ne s’appelle John et aucun qui ne serait espion. Mais ce qui est le plus intéressant dans la portée de cette BD, c’est l’erreur du roi français dans cette aventure qui est explicitement expliquée et que je fus heureux de retrouver dans une bulle : le soutien de la France, d’une monarchie absolue à une révolution, à des insurgés contre un autre roi est une erreur pour la monarchie française.

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