Conclusion

L’Hermione fut un chantier colossal tant sous l’Ancien Régime qu’au tournant du XXe-XXIe siècles. D’une frégate commune parmi d’autres, bâtie par des bagnards et des ouvriers qualifiés, elle est devenue un chantier audacieux, ornée d’une parure ancienne mais nouvelle et originale. Par son extravagance, son histoire, ses combats, ses valeurs, sa lutte, ses hommes, l’Hermione s’est projetée deux siècles dans le futur, édifiée par des artisans et des bénévoles. Cette projection en avant n’a pourtant pas coupé le cordon ombilical. La mémoire du passé est entretenue de manière permanente, tant dans l’atelier que par les traversées, tant en France qu’aux États-Unis, que dans le monde. Les États-Unis, la façade atlantique française, l’Océan Indien et chaque futur projet de l’association Hermione – La Fayette est une commémoration. À nouveau, l’Hermione retrouve un journal de bord, plus moderne, plus médiatisé : elle redore son image comme jamais. À bord, des passionnés qui tentent de rejouer le rôle des marins et qui exacerbent eux aussi le souvenir. L’Hermione n’a finalement pas joué uniquement un rôle de bateau d’escorte, de bateau messager, de bateau de liaison, de guerre ou de commerce, son rôle est devenue plus grand et plus large que ne devait l’être sa propre destinée. C’est un vecteur de la mémoire, un vecteur de l’histoire, un vecteur de valeurs progressistes, libertaires, démocratiques, républicaines, d’amitié et de solidarité. Ces valeurs, on les retrouve dans les mots de ceux qui sont à bord de l’Hermione aujourd’hui, des phrases qui se concluent par « une aventure humaine ». La renommée de l’Hermione et l’édification de la réplique ont tout autant profité à Rochefort. D’une ville portuaire qui périclitait, elle relance son développement par son patrimoine maritime. Elle qui a vu disparaître son arsenal, il a su le reconvertir en préservant, elle aussi, la mémoire du passé, en l’enseignant, en la transmettant. De Rochefort à Boston, si dans des décennies le nom de l’Hermione résonne encore dans la tête des jeunes adultes, la revitalisation de la renommée de la frégate sera un succès et un triomphe pour l’Histoire.

De la même manière, dans l’ombre de l’Hermione se dessine la reconstruction d’un grand bateau historique à Gravelines par l’association Tourville : le futur Jean Bart, nom d’un corsaire originaire de Dunkerque. À la différence de la frégate, ce projet a l’ambition de rebâtir un vaisseau de ligne de la première moitié du XVIIe siècle, suite à la découverte de six épaves d’anciens vaisseaux de lignes coulés trois siècles plus tôt à la bataille de la Hougue. Dans ce conflit européen, Louis XIV soutenait la restauration royale de Jacques II, détrônée par Guillaume d’Orange, protestant, en 1688 après s’être converti au christianisme. Alors qu’une invasion de l’Angleterre est prévue, la flotte française forte de 68 navires se heurte le 29 mai 1692 à 125 bateaux anglais et hollandais qui écrasent la flotte du Roi-Soleil. Ce chantier à l’ambition titanesque, puisqu’il s’agit de reconstruire un vaisseau de ligne, bien plus grand et costaud qu’une frégate, se heurte au défi des sources : il n’existe pas de plans détaillés de vaisseaux de ligne de cette époque. Ce projet qui a vu le jour en 1992 et qui vit principalement des dons devrait se terminer dans 8 à 12 ans mais ne comprend pas uniquement un bateau historique mais un futur parc historique et de loisir mettant en scène l’époque glorieuse des corsaires de Louis XIV.


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