Pokémon : Détective Pikachu, la larme à l’œil

Pokémon : Détective Pikachu, c’est une écriture et un scénario bluffant. Mais aussi de l’humour, de la tristesse, des émotions. Sans oublier d’être le retour de Mewtwo, de posséder une qualité technique inattendue, de lâcher quelques références éparses. Un film destiné à tous et aux plus grands fans, je suis entré assuré, je suis sortie la larme à l’oeil.



Titre : Pokémon : Détective Pikachu

Réalisateur : Rob Letterman

Avec : Pierre Tessier (VF Pikachu), Justice Smith, Kathryn Newton

Sortie : 8 mai 2019

Durée : 1h44

Synopsis : Après la disparition mystérieuse de Harry Goodman, un détective privé, son fils Tim va tenter de découvrir ce qui s’est passé.  Le détective Pikachu participe alors à l’enquête : un super-détective adorable à la sagacité hilarante, qui en laisse plus d’un perplexe, dont lui-même. À la recherche d’indices dans les rues peuplées de néons de la ville de Ryme – métropole moderne et tentaculaire où humains et Pokémon vivent côte à côte dans un monde en live-action très réaliste –, ils rencontrent plusieurs personnages Pokémon et découvrent alors un complot choquant qui pourrait bien détruire cette coexistence pacifique et menacer l’ensemble de leur univers.


Une écriture et un scénario bluffant

Detective Pikachu n’est pas un film à la hauteur des films d’animation traditionnels. Non, il s’élève bien plus haut sur cette échelle et je ne lui reconnais pour le moment aucun concurrent. Se dessine à travers lui une écriture et un scénario bluffant. Je choisis ce terme pour plusieurs raisons. Tout d’abord, je ne m’attendais absolument pas à une écriture de scénario à ce level. Je n’avais rien vu ou presque, seulement quelques images par-ci par-là des Pokémon en 3D qui rendaient bien et me donnaient envie d’aller voir ce film. Je suis allé au cinéma assuré d’en sortir content, finalement je suis sortie du cinéma heureux et la larme à l’œil. Ma deuxième raison intimement liée à la première, c’est le scénario. En soit, il n’est pas le plus inattendu avec un certain recul, mais comme je n’ai rien lu – même pas un synopsis – et que la qualité d’écriture est telle que je suis bluffé. Bluffé parce que quand le scénario me pousse à une théorie, derrière il me bouscule et moi, je me rends compte que je me suis trompé. Je n’ai absolument pas prévu telle ou telle suite au film, je me suis laissé conduire des enchaînements scénaristiques incroyables, si bien qu’il m’était impossible de prévoir la fin, notamment parce que la solution, elle est donnée à la fin. C’est là que j’admire la qualité de l’écriture, notamment à travers les scènes holographiques (je vais en reparler) qui donnent pas à pas des morceaux du puzzle sans nous divulgâcher la fin (oui, j’ai l’audace d’utiliser ce mot). J’avoue tout de même que le plan du méchant à la fin, je ne l’ai pas entièrement compris.

Le retour de Mewtwo

C’est le grand retour de Mewtwo qui s’offre (encore) un film. Il n’est pas l’objet principal de Detective Pikachu mais il en est un des moteurs. À vrai dire, le sujet principal du film est compliqué à définir : le père de Tim, la relation entre l’humain et le Pokémon, une enquête tout simplement de Pikachu ? Le film annonce que Mewtwo a disparu de la région de Kanto depuis 20 ans, référence peut-être au premier film ? Au moins, on a une chronologie et bien que des plans pourraient paraître similaires, nous ne sommes effectivement pas dans un remake du premier film, ne craignez rien, cette histoire est originale !

Un film pour enfants ?

Non, pas forcément. D’une part, parce que Pokémon s’ouvre à tous, quel que soit son support (jeu, animé, carte, film), d’autre part parce que dans ma salle, il n’y avait que des personnes âgées d’au moins 20 ans. Enfin, c’est l’écriture et la qualité de ce film live qui me font assurer que ce long métrage est destiné à tous. Certes, on retrouve des personnages et parfois des dialogues qui font un peu enfantin, notamment dans deux cas précis : la première rencontre avec la journaliste qui descend les marches ; et le méchant avec ses lunettes de soleil. Typiquement des personnages qu’on peut replacer dans des animés. Mais j’ai trouvé ça plus drôle que gênant. D’ailleurs, l’humour est présent dans ce film et plutôt drôle, en tous cas bien écrit.

Une qualité technique inattendue : les scènes holographiques, on en parle ou pas ?

Pour commencer, la qualité technique, elle se voit à travers les Pokémon eux-mêmes. Là-dessus, ayant vu des images, je ne me faisais aucun soucis : les Pokémon sont très beaux et très réalistes, ce qui leur enlève quelque peu leur image très colorisée de l’animé et des jeux, au profit d’une parfaite intégration dans le monde humain. En ce moment, c’est la mode des films traditionnels couplés à des entités précises en 3D, dont les exemples fusent tels que Mowgli et le livre de la jungle, Jean-Christophe & Winnie l’Ourson ou encore le très attendu Roi Lion qui sort en juillet ! Mais c’est vraiment à travers l’écran de cinéma que l’on remarque leur réalisation et j’ai particulièrement aimé le travail réalisé autour des yeux de Pikachu, toute l’âme du Pokémon réside en ses yeux, du même niveau que ceux du Chat Botté. Heureux, malicieux, courageux, triste, fatigué : grâce à ces yeux, nous pouvons ressentir les sensibilités des Pokémon comme eux peuvent ressentir les nôtres (d’après le film). Mais je voudrais surtout revenir sur les scènes holographiques et sur la qualité visuelle et technique du film plus généralement. Je ne sais pas vous, mais je ne m’attendais absolument pas à un tel niveau. Pour ainsi dire, je n’ai pas vu mieux depuis Dr. Strange au cinéma et pourtant ça remonte à loin maintenant. Ce détail, cette performance de ces scènes holographiques, j’en reste bouche bée et ça dure assez longtemps pour pouvoir en profiter ! Après un certain recul, c’est vrai que la justification de la création de ces scènes semble plutôt moyenne, mais sincèrement, je pardonne.

Dans le monde des Pokémon, quelques références ?

Voilà enfin le très attendu monde réel peuplé de Pokémon ! Vous avez voulu l’avoir avec Pokemon Go, certains furent déçus d’autres heureux. Personnellement non convaincu, je n’ai jamais essayé puisque je considère ceci comme la pleine et entière destruction de l’imaginaire Pokémon, celui de l’espoir de vivre dans un monde où il en existerait. Oui, j’ai toujours cet espoir et ce rêve d’enfant. Et cet imaginaire est vivifié grâce à Detective Pikachu. Les Pokémon sont si formidablement bien incrustés à l’écran, si bien réalisés qu’on dirait un monde réel. Il y a une bienveillance exceptionnelle envers l’univers de Pokémon, de quoi contenter les fans ! On s’amuse à chercher par-ci par-là chaque individu et chaque espèce différente, à ce sujet le film fait la parfaite entrée en matière : celle de déployer un paysage grandement peuplé tel du fan-service, mais je n’aime pas utiliser ce terme car il est connoté péjorativement… On est là pour les Pokémon après tout ! D’ailleurs, c’est plutôt génial comme idée de naviguer dans une ville où vivent en harmonie humains et Pokémon. Cependant, on est quand même éloigné de Ralph 2.0 qui présentait d’une manière plus colorée (et donc visible), sur une surface bien plus grande et ouverture des dizaines et des dizaines de marques. Et je n’ai pas pu m’empêcher, moi qui aie vu les 15 premières saisons de l’animé, à chercher ici ou là des références, références venant toutes seules quand elles sont fortement explicites, tels que le générique de Pokémon lors du message audiovisuel de Howard et son fils, ou encore le générique chanté par Pikachu lui-même : ces deux références, tout le monde les aura. Mais, de mémoire, j’en propose d’autres que peut-être vous aussi avez remarquez. Tout d’abord, au début du film, lorsque Tim veut capturer l’Osselait. Qui n’a pas pensé à la malheureuse et difficile quête de Sacha de capturer naïvement un Roucool ? De même, le laboratoire avec Mewtwo et la figure sombre qu’est Howard dans son bureau avant de révéler son identité fait penser – fait croire même – à la Team Rocket et à Giovanni. Également, le plongeon de Tim dans l’arène pour rattraper de justesse Pikachu, ça m’a fait penser au plongeon de Sacha pour le récupérer également, de mémoire lors de l’épisode avec l’attaque de Piafabec. Enfin, le Rondoudou qui chante dans le bar fait incontestablement penser à celui de l’animé qui m’a grandement amusé dans mon enfance.

La larme à l’œil

À plusieurs moments de Pokémon : Détective Pikachu, je l’avoue, j’avais la larme à l’œil. Et bon sang, qu’est-ce que j’attendais ce moment, cet instant où le cinéma t’émeut vraiment. Il faut dire que l’écriture et la mise en scène a permis ceci, d’une manière progressive, exponentielle. Et ce n’est pas martelé : c’est important de le dire. En réalité, cette émotion de tristesse, elle est implicite car elle n’est pas expliquée par des mots, mais par des images (notamment les yeux de Pikachu), le cerveau comprend et fait rejaillir l’émotion. [SPOIL] L’apogée de cette dernière est lorsque le père de Tim est au sol, à l’agonie. Si vous avez vu le film, vous n’avez sûrement pas oublié cette scène finale lorsque Pikachu, d’un air triste regarde Mewtwo, désespérément, priant implicitement pour qu’il puisse le sauver. Cette scène qui m’a paru extrêmement émouvante n’est pas sans rappeler la mort de Sacha dans le premier film Pokémon, là aussi Mewtwo était l’objet du film. Coïncidence ? [FIN DU SPOIL]. Néanmoins, je pense qu’ils auraient pu accentuer un peu plus la tristesse dans cette scène en mettant une petite musique plus frappant, en laissant le moment plus longtemps à l’écran, en montrant peut-être une action plus explicite au détriment probablement d’un peu de magie, en mettant l’accent un peu plus sur la relation entre Pikachu et son coéquipier. Il manquait en tous cas un petit détail pour me faire verser la larme et je trouve ça super dommage. Toutefois, je pardonne, cette sensation est incroyable. Par là, j’entends qu’au moins dans le premier film Pokémon, on connaissait Sacha, on connaissait son lien avec Pikachu au fil des dizaines d’épisodes. Là, ce n’est pas le cas et c’est davantage plus dur de faire ressortir une émotion pour des personnages auxquels on n’est pas forcément attachés. Donc chapeau !

3 commentaires sur “Pokémon : Détective Pikachu, la larme à l’œil

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  1. Je n’aurais jamais cru en voyant la bande annonce lire une critique si élogieuse sur ce film! Je ne voulais pas le voir du tout mais je pense du coup le regarder quand il sortira en VOD car j’ai du mal à aller au cinéma pour aller le voir 😉

    Aimé par 1 personne

    1. Pokémon, c’est mon enfance, et si j’ai apprécié le film, c’est qu’il le mérite donc vraiment. Je suis ravi de t’avoir fait changer un peu d’avis. Personnellement, je n’ai pas regardé la bande-annonce quand j’y suis allé : c’était la surprise absolue. Et après avoir vu le film, je trouve que la BA peut être encore perfectible. Surtout que si je ne me trompe, ils en ont réalisé qu’une seule. Normalement, je les regarde chacune pour choisir la meilleure à mon sens ! Je prends l’habitude de ne plus regarder les BA.

      Aimé par 1 personne

      1. Oui en général je n’en regarde qu’un tout petit peu pour ne pas en savoir trop mais quand on est au cinéma il y en a pas mal ^^
        Pokemon est aussi mon enfance mais je suis un peu moins nostalgique que certains 😉

        Aimé par 1 personne

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