Une espèce n’a pas pour but de procréer, mais d’assurer sa survie

Vous connaissez tous cette personne qui affirme que le parachèvement d’une vie est la procréation, cette personne qui vote à droite et qui vous affirme d’un air hautain telle une vierge pure et blanche que l’objectif d’une espèce animale est d’avoir des enfants et que la relation sexuelle n’existe que pour cela. En réalité, une espèce n’a pas pour but de procréer, mais d’assurer sa survie et ne pas faire cette différence fondamentale est dangereux, et elle souvent faite (in)consciemment pour devenir le cache-sexe d’une haine à l’égard de pratiques ou de communautés. Je m’explique !

Source : https://www.sinemensuel.com/dessin/surpopulation-dans-le-monde/

PROCRÉER, PROCRÉER, PROCRÉER !

Avant-tout, il convient de savoir d’où vient cette vision dans laquelle la vie humaine et la sexualité n’ont que pour but de procréer. Sylvain Bosselet, agrégé de philosophie et docteur en psychologie, a écrit un excellent article sur La sexualité a-t-elle pour but la reproduction ? que je vous invite à lire pour introduire le sujet. L’une des causes de cette vision explique-t-il remonte à l’Antiquité dans le schéma d’un univers (teinté de religieux) où chaque chose a un but final, ainsi le sexe aurait par exemple comme vocation unique la reproduction, ce qu’il conteste et démontre. Mais outre son explication, le bus scientifique qui est passé à l’arrêt des siècles précédents a changé cette vision du monde, mais à en croire, encore beaucoup aujourd’hui l’aurait loupé et serait toujours en train d’attendre au quai de l’Antiquité. Mais cette « vocation unique à la reproduction » n’est-elle pas un cache-sexe pour critiquer des pratiques considérées comme perverses ou des communautés. Sylvain Bosselet l’a expliqué au niveau des pratiques, je n’y reviens pas et préfère m’attarder sur le sujet des communautés. Proche du milieu LGBT (forums, articles, communauté), l’homophobie s’exprime souvent par cette vision du monde idéalisée et naïve. Paradoxalement, si le but de la sexualité était de procréer, l’homosexualité n’existerait pas et l’existence du clitoris ou de la jouissance lors de la sodomie seraient incompréhensibles. Pourquoi le Dieu créateur, qui a prêché la bonne parole homophobe et discriminatoire aux bons et purs chrétiens auraient créé ces imperfections et aurait réussi à enfanter Marie sans la souiller ? Cette insistance de la critique des pratiques perverses et de ce qui ne serait pas naturel comme l’homosexualité (alors que si ça existe, ça veut bien dire que c’est naturel) n’est finalement qu’une manière – la plupart du temps – d’exprimer sans se mettre en danger légalement son homophobie.

Source : https://www.bfmtv.com/societe/mariage-homo-le-discours-homophobe-fait-mal-431482.html

Assurer la survie d’une espèce ne passe pas forcément par la procréation

J’ai insisté sur l’idée de l’homosexualité car elle est un enjeu majeur pour réfuter l’hypothèse que le but d’une espèce est de procréer, une idée qui provient souvent des milieux religieux. Mais prenons le sujet sous un autre angle. Si une espèce doit procréer, c’est dans quel but ? Par amour parental ? Je ne pense pas puisque certains animaux délaissent leurs enfants très vite. Pour fonder une famille ? Voyons, la plupart des animaux trouvent une femelle pour la féconder et la laisse en plan. En fait, les situations sont aussi diverses qu’il existe d’espèces, créer un schéma général est impossible. Mais le but fondamental de la procréation pour ces animaux – que nous sommes – est d’assurer la survie de son espèce. Mais à ce moment-là, il faut faire une distinction. L’espèce humaine est animale, mais elle est ce qu’on appelle de manière extrêmement prétentieuse « civilisée », c’est-à-dire qu’elle est la plus évoluée parmi les espèces animales et que nos capacités de réflexion sont hors-normes. C’est pour cela qu’on appelle « animal » tout ce qui n’est pas humain.

Pourquoi cette distinction est fondamentale pour notre sujet ? Parce que les animaux en se reproduisant pour assurer la survie de leur espèce ne savent aucunement si leur espèce est danger. L’animal n’a pas fait de statistiques, il ne compte que les individus qu’il voit, qu’il sent, qu’il entend, qu’il repère. De plus, vivant en milieu sauvage avec un instinct d’animal sauvage, elle connaît tous les risques et dangers qui pourrait nuire, évidemment à sa vie, mais aussi à celle de son espèce. Mais de son côté, la nature par les hormones, poussent les animaux à se reproduire pour perpétuer l’espèce, ce qui est fascinant quand on y réfléchit, c’est comme si la nature contrôlait finalement chaque individu, chaque espèce. Eh bien nous, Homme, on s’est émancipé en partie de cette nature qu’on a apprivoisée. Aujourd’hui, nous connaissons les chiffres de notre population et nous savons que si continuons à atteindre des sommets démographiques, cela nous conduira à notre perte pour bien des raisons (alimentaire, surpopulation, climat, guerre, pollution…). Ce serait le but de la nature qu’une espèce se reproduise tellement au point qu’elle en disparaît ? La nature construit les choses, très progressivement, dans un temps très long, mais elle ne réfléchit pas. Elle prend les choses comme elles viennent. Nous, nous savons que si nous continuons dans cette lancée, nous disparaîtrons. De ce fait, notre espèce n’a pas pour but de procréer pour assurer sa survie, mais tout simplement d’assurer sa survie.

Source : https://www.chappatte.com/images/population-mondiale-2/

Comment on assure la survie d’une espèce ?

Le nombre d’individus est une composante nécessaire de la survie d’une espèce. Sans vous raconter dans les détails puisque vous le savez déjà, il est plus compliqué pour une espèce en voie de disparition se retrouver et de se reproduire qu’une espèce présente partout et vivant en communauté. Mais la protection face aux aléas naturels, se mettre hors de danger des prédateurs, convenir aux besoins nutritionnels de chacun des individus, se protéger et se soigner des maladies, tout cela est bien d’autres sont des composantes qui aident et qui permettent à une espèce de survivre. Notre corps ne contient pas que des organes génitaux pour se reproduire et hop, une fois l’affaire faite, la survie de l’espèce est assurée. Non, nos sens, nos systèmes immunitaires, notre mode de vie et notre comportement sont au même titre que la reproduction des moyens de survivre. Et la réflexion avancée que nous avons développée en comparaison avec les autres espèces est notre atout unique pour déterminer si oui ou non, il faut continuer à se reproduire. Ce sont tout simplement nos capacités d’adaptation, des stratégies de reproduction. Cela s’explique par exemple le concept du malthusianisme, de la transition démographique dans laquelle tous les pays du monde sont entrés : limiter les naissances pour pouvoir assurer la survie de l’espèce. De même, la Chine a limité les naissances car son explosion démographique ne pouvait plus être absorbée, la Chine n’était plus adaptée. Autre cas que j’ai appris récemment est celui de Tuvalu. Archipel menacé par la montée des eaux, la population a rapidement limité les naissances pour éviter le nombre de morts et surtout parce que les ressources étant restreintes sur ces îles, il fallait les économiser et pour cela économiser les naissances.

Les stratégies de reproduction : R et K

Les stratégies de reproduction démontrent que l’espèce cherche à assurer sa survie, même à travers le concept de la reproduction, et non pas juste et tout simplement à « procréer ». Nous venons de le voir pour l’Homme, mais il en est de même pour les animaux et les plantes. Ce sont les stratégies R et K.

La stratégie R est une stratégie de développement adopté par animaux, plantes et micro-organismes. Devant un habitat perturbé ou variable et des conditions de survie difficiles avec des risques de mortalité élevés, ces espèces vont miser sur la reproduction, avec un fort taux de croissance, une forte fécondité et un nombre de naissances innombrables pour compenser le faible taux de survie de ces individus qui n’atteignent pas la maturité sexuelle. Cette stratégie est adoptée par la grenouille (œufs) ou le kiwi (graines). Ces populations présentent beaucoup de jeunes et peu d’adultes et se remarquent souvent par leur petite taille.

La stratégie K est une autre stratégie de développement. À l’opposé du modèle R, les espèces ont des conditions de vie plutôt prévisibles : de faibles risques, un approvisionnement assez important, des conditions de vie qui ne sont pas trop dures. Ainsi, l’espèce adoptant cette stratégie vont investir dans la survie des jeunes. Les espèces vont avoir une fécondité restreinte (donc peu de descendance) mais des individus qui vont vivre longtemps. Cette stratégie est adoptée par l’homme par exemple. Ces populations présentent peu de jeunes mais beaucoup d’adultes et se remarquent souvent par leur grande taille.

Source : https://prepaangers.weebly.com/tp-population.html

Ces deux modèles évolutifs peuvent être reproduits sur une échelle. C’est-à-dire qu’ils peuvent être plus ou moins forts selon les espèces. Quoi qu’il en soit, cela démontre que la procréation des espèces se combine à une stratégie de reproduction et que ces deux paramètres servent à l’objectif d’assurer la survie d’une espèce. Dans le cas de l’Homme, si on veut assurer la survie de notre espèce, il convient d’aller plus loin encore dans la stratégie K.

Conclusion

Que la procréation soit le parachèvement d’une vie humaine est une idéologie artificielle héritée de l’Antiquité mais qui joue toujours un rôle important aujourd’hui. La vie ne s’arrête pas après la procréation (sauf pour la mante religieuse mâle) et elle n’a pas pour but explicite de procréer, les comportements autres comme l’homosexualité le démontrent. D’autre part, ce qui fait la singularité de l’homme est sa réflexion et son mode de vie. Finit le temps pour les pays occidentaux où il fallait vite se reproduire pour envoyer les enfants au dur labeur. Désormais, avoir un enfant est le fruit d’une période de patience et de réflexion, ce n’est qu’une envie possible mais non obligatoire, et qui doit être dans le contexte de survie de notre espèce très réfléchie. Maintenant que vous êtes capable d’expliquer que le but d’une espèce n’est pas la procréation mais assurer sa survie, vous pourrez l’expliquer ou renvoyer vers cet article la personne qui y croit ou qui use de ce prétexte pour justifier son comportement envers les homosexuels et les personnes qui ne veulent pas avoir d’enfants. Après tout, il en reste encore plein à adopter.

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