Dernier amour, ou la frustration sexuelle

Dernier amour de Benoît Jacquot actuellement en salles met en scène le personnage historique, grand séducteur, de Casanova. Un film qui tourne autour de la frustration sexuelle, qui n’est pas ennuyeux mais qui n’est pas non plus charmant…


Titre : Dernier amour

Réalisateur : Benoît Jacquot

Avec : Vincent Lindon, Stacy Martin, Christian Erickson

Sortie : 20 mars 2019

Durée : 1h38

Synopsis : Au XVIIIe siècle, Casanova, connu pour son goût du plaisir et du jeu, arrive à Londres après avoir dû s’exiler. Dans cette ville dont il ignore tout, il rencontre à plusieurs reprises une jeune courtisane, la Charpillon, qui l’attire au point d’en oublier les autres femmes. Casanova est prêt à tout pour arriver à ses fins mais La Charpillon se dérobe toujours sous les prétextes les plus divers. Elle lui lance un défi, elle veut qu’il l’aime autant qu’il la désire.


Inspiré des mémoires de Casanova

Tout d’abord, il faut rappeler que Dernier amour de Benoît Jacquot s’inspire – en partie puisque le bouquin dans son ensemble fait quand même 4400 pages – de Histoire de ma vie de Giacomo Casanova (1725-1798), aventurier vénitien qui a énormément voyager (Italie, France, Angleterre, Espagne, Russie, Pologne) et fait de nombreux métiers, tels que diplomate ou encore bibliothécaire. Casanova a écrit ses mémoires en langue française entre 1789 et 1798, à la fin de sa vie lorsqu’il était bibliothécaire du comte de Waldstein – franc-maçon comme lui. Ses mémoires sont publiés à titre posthume. Ce texte littéraire résulte de l’ennui de Casanova, mais sa mort l’empêchera d’écrire les périples de sa vie au-delà de 1774. Casanova, pour la partie de sa vie qui nous intéresse ici, est un grand séducteur, 122 amantes ont dénombré entre 1735 et 1774. Il paraît toutefois important de préciser cependant qu’il est fort différent de Don Juan, qu’il croit au bonheur et prend soin de ses « amies ». Enfin, ses mémoires ont permis aux historiens d’étudier plus amplement – à l’échelle européenne – le monde noble ainsi que la cour et son étiquette au XVIIIe siècle.

Un long film pas très envoûtant

Franchement, bien que je ne me sois pas spécialement ennuyé, le film ne m’a pas énormément plu. En premier lieu, j’ai vraiment eu du mal avec l’acteur Vincent Lindon. Je ne le trouve pas charismatique, sa voix rauque et son manque d’articulation font qu’on est obligé de tendre l’oreille pour écouter ce qu’il dit, et cela pendant une heure et demie, c’est long. Du reste, mis à part Christian Erickson qui a un certain jeu, les acteurs ne m’ont pas envoûté, aucun se détache et parfois, mis à part le respect du cahier des charges des personnages du livre, je ne vois pas à quoi sert tel ou tel personnage. Par là, je pense tout particulièrement à La Cornelys, à quoi sert-elle même si son chant d’opéra est beau à entendre. Les dialogues sont endormants et leeeennnnnnntttttssssss.

Pourtant, la période de vie et le thème sélectionné parmi ces 4000 pages de roman par le réalisateur sont plutôt une bonne idée. On a là une singularité de la vie de Casanova, il semble tomber amoureux d’une femme qu’il ne prévoyait qu’être une conquête de plus, une femme qui a du répondant, qui ne se laisse pas faire. Mais je trouve que le film se perd, et tout tourne autour de la frustration sexuelle. Casanova va toujours vouloir se faire Marianne de Charpillon, tandis qu’elle tombe, elle, amoureuse. Finalement, c’est une chasse, c’est l’histoire d’un homme qui va passer du temps et dépenser de l’argent juste pour pouvoir se faire plaisir avec une femme, le tout ponctué par quelques parades nuptiales. Quelques scènes de sexe plus ou moins explicites, qui n’apportent pas grand chose par ailleurs. Par ailleurs, oubliez le côté « romance », on ne ressent aucune émotion, et personnellement je n’arrive à rien entrevoir entre les deux personnages. Effectivement, j’ai eu du mal à voir où le film voulait en venir, ce n’est pas explicite du tout et heureusement que j’ai lu le synopsis avant d’aller le voir. Au fond, l’intrigue n’est très originale non plus, mais comme c’est inspiré d’une œuvre, on peut un peu l’excuser. C’est rare que je parle des plans de caméra, mais là j’avoue que ceux-là m’ont troublé, ils n’étaient pas pertinents, des difficultés pour bien suivre les scènes, et inutile de chercher des émotions, des sentiments.

En fait, j’ai vu le film il y a quelques heures et j’en ai déjà oublié une grande partie. Dernier amour ne m’a pas charmé. Aucun acteur, aucune scène, aucune caractéristique précise ne m’ont marqué, et je trouve la fin tellement décevante, comme si le film s’arrêtait d’un coup, net, sans aucune morale (du moins intéressante). Que Casanova n’a pas eu le temps de terminer ses mémoires n’est pas une raison pour ne pas boucler réellement le film.


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