Ralph 2.0, Disney s’inscrit dans la modernité

Ralph 2.0 est une tuerie. Génialissime aventure de l’amitié ponctuée d’une sensibilisation subtile à Internet, où les références se multiplient et de quoi bien rire. Un domaine parfaitement maîtrisé – ce qui est rare – qu’il faut absolument aller voir !



Titre : Ralph 2.0

Réalisateur : Rich Moore et Phil Johnston

Avec : François-Xavier Demaison et Dorothée Pousséo

Sortie : 13 février 2019

Synopsis : Ralph quitte l’univers des jeux d’arcade pour s’aventurer dans le monde sans limite d’Internet. La Toile va-t-elle résister à son légendaire talent de démolisseur ? Ralph et son amie Vanellope von Schweetz vont prendre tous les risques en s’aventurant dans l’étrange univers d’Internet à la recherche d’une pièce de rechange pour réparer la borne de Sugar Rush, le jeu vidéo dans lequel vit Vanellope. Rapidement dépassés par le monde qui les entoure, ils vont devoir demander de l’aide aux habitants d’Internet, les Netizens, afin de trouver leur chemin, et notamment à Yesss, l’algorithme principal, le cœur et l’âme du site créateur de tendances BuzzTube…


Les créateurs de Zootopie s’inscrivent grâce à Ralph 2.0 définitivement dans la modernité. Grande aventure inattendue en compagnie de Ralph et Vanellope. Ralph 2.0 nous illumine à travers une sensibilisation à Internet, l’histoire d’une amitié, des princesses qui s’inscrivent dans la modernité, de multiples références et une cohabitation entre jeux modernes et jeux rétros.

L’arrivée d’Internet dans une vieille salle d’arcade

Lorsque le vieux gérant branche Internet dans cette vieille salle d’arcade, les personnages des jeux-vidéos vivent un virage turbulent entre panique et curiosité. Alors qu’on pourrait s’attendre comme intrigue à la supplantation des jeux rétros par les jeux modernes, l’histoire s’avère plus originale. Il s’agit de sauver le jeu-vidéo de Vanellope. Pour ce faire, il est indispensable de se rendre dans l’Internet (voire les Internet), un monde totalement nouveau et dit dangereux. Peu importe si l’on connaît Internet ou non, on se sent voyager et découvrir un univers nouveau retranscrit de manière plus humoristique et explicite. Ralph 2.0 est aussi l’histoire d’une amitié. Mise en exergue et en péril, la jalousie et la peur guettent la moindre faille entre Ralph et Vanellope : un duo pourtant solide comme un roc. C’est aussi une histoire de rêves, entre envie de nouveauté ou de routine. Malgré une fin peut-être un peu prévisible (quoique) Ralph 2.0 est un Disney et un film d’animation à ne pas rater.



Sensibilisation à Internet : lieu de tous les possibles

Internet est devenue une nécessité. Ralph 2.0 le démontre à travers ces vieux lieux et personnages qui s’en munissent. Dès son branchement, une nouvelle porte de l’Arcade s’ouvre. Elle n’est pas un nouveau jeu mais le « WIFI ». Rapidement, le protecteur de la garde centrale barre la route et présente Internet comme un danger. Mais l’inconnu, la curiosité, le mystère et la nécessité de s’y rendre pour sauver le jeu de Vaneloppe poussent Ralph et cette dernière à s’y introduire. C’est en effet dans ce nouveau monde que se trouve tous les objets de l’ancien monde. S’en suit donc un voyage dans l’Internet que je trouve parfaitement bien réalisé.


PARTIE SPOIL


Tableau des Internet

Réaliser un sujet sur Internet est périlleux. Les précédents furent gênants et écrits par des personnes trop vieilles pour y comprendre quelque chose. Ici, Ralph 2.0 a réussi en deux heures à capter les principaux attendus, notamment au sein de la pop culture pour les 16-30 ans. Internet est un lieu immense voire infini (le film ne fait jamais mention de limites). Les sites, entreprises, sociétés, chaînes présentés – avec leur vrai nom ou parodié sont tout autant d’easter eggs à la pelle : ebay, BuzzTube, Snapchat, Facebook, National Geographic, Amazon… bien évidemment, majoritairement américain. Le premier est Snapchat qui reçoit l’ovation des plus jeunes enfants de la salle. À l’inverse, lorsque les oiseaux bleus de Twitter apparaissent, les enfants n’ont pas capté. Pop culture transmise à travers l’humour et les références comme l’omniprésence des chats. Plus implicite et drôle est la barre de recherche et ses propositions automatiques. Également fait mention du darkweb (ou darknet) représenté d’une manière un peu naïve par des rues sales et sinistres aux personnages de plus douteux : le minimum syndical – quoique caricatural. Puis enfin, les spams et eBoy (pour les notifications) qui sont aujourd’hui un peu dépassés mais une référence pour les plus âgés moins à jour que les plus jeunes. La déconnexion à Internet est elle aussi représentée et drôle à voir.



BuzzTube : entre admiration et haine

Internet est un lieu dangereux. Ce thème intègre la sensibilisation à Internet. En premier lieu, les spams douteux qui envoient nos deux héros dans des lieux étranges avec des personnages originaux… Basique. Plus pertinent, le buzz. Dans cette société de consommation et d’attractivité, il faut pour se démarquer faire le buzz et être prêt à n’importe quoi pour le faire. C’est BuzzTube (YouTube pour ceux qui n’ont pas compris) où l’algorithme – représentée par le personnage de Yesss – sélectionne selon un certain nombre de critères les vidéos à mettre en avant, déclenchant un effet boule de neige : plus c’est regardé, plus c’est mis en avant et donc plus la vidéo est regardée… Les spams, les pubs sont là aussi pour attirer des visiteurs pour, non pas une seule, mais plusieurs vidéos du même personnage. Les internautes (représentés par des Pop) donnent un cœur. Cette masse de cœur est aspirée par un aspirateur : une véritable industrie. Personnellement, je trouve cette métaphore très vraie et très drôle. Mais à proximité de cette grande salle ouverte où la foule s’ambiance entre amour et admiration trône une petite salle dans laquelle défile sur un écran les commentaires. Sombre, peu chaleureuse, plus aucun bruit, les commentaires haineux surgissent. La haine sur Internet est un sujet relativement peu traité, mais davantage ces dernières années. La sensibilisation à Internet passe par un autre cas d’étude : celui des jeux-vidéos violents.



S’inscrire dans la modernité

Par Internet

À travers Ralph 2.0, Disney s’inscrit dans la modernité par le biais de plusieurs vecteurs : l’Internet, le jeu-vidéo et la princesse. Vers la modernité par le sujet du film en lui-même : Internet, dont nous venons de parler.

Par le jeu-vidéo

Le deuxième vecteur est le sujet de la saga : le jeu-vidéo. Si le jeu moderne ne remplace pas le jeu rétro (arcade), il y a en revanche une opposition entre un jeu rétro et un jeu moderne. Cette opposition est le jeu de course où le dénominateur commun est Vanellope. Alors que le jeu dont elle est le personnage n’a plus aucun secret pour elle, elle trouve dans le jeu moderne de course Slaughter Race aucune limite, une ultra-violence et une redoutable maître de jeu : Shank. Elle est la version moderne de Vanellope, tant dans son jeu, dans son langage, que dans son style et son character design. Ainsi s’ouvre un désir pour Vanellope de s’émanciper de son jeu, de rester et devenir une maîtresse de ce nouveau jeu (une sorte de GTA). On pourrait avoir peur de la caricature dont fait l’objet souvent les jeux violents mais heureusement, le personnage de Shank et sa bande sont si sympathiques et cruciaux qu’ils tuent dans l’œuf cette violence. Au lieu d’une supplantation, c’est davantage une cohabitation réelle entre les deux types de jeu alors que dans le contexte réel actuel, le rétro-gaming est en vogue. Encore un bon point pour Ralph 2.0.



Par la princesse

Autre vecteur qui m’intéresse : le personnage de la princesse. Disney revoit la création, le rôle et la mentalité de ses princesses qui s’inscrivent désormais dans la modernité. Vanellope en est peut-être le parachèvement, notamment lorsqu’elle se retrouve au milieu de toutes les princesses originelles, si différentes d’elle. Cette marche vers la modernité a plusieurs précédents : Rebelle dont le nom éponyme ne demande pas davantage de détails, Vaïana qui fuit son rôle de princesse pour devenir l’aventurière qu’elle souhaite être ou encore Elsa qui s’émancipe et découvre la liberté. Vanellope, elle, est petite et une enfance, n’est pas dessinée telle une princesse mais affirme en être une malgré son langage peu princier, son ami un peu bêta et surtout elle ne chante pas (enfin, elle chante dan ce film, mais c’est différent). Dans cette salle des princesses, Disney fait de l’autodérision. Aux nombreuses questions sur ce qui définit une princesse, Vanellope répond qu’à un seul critère : celui d’être sauvé par un garçon grand et fort (le mythe primordial de la princesse). On remarquera que Vaïana et Rebelle sont aussi les seules à ne répondre qu’à ce critère et ne posent aucune question de ce genre à Vanellope. Par ailleurs, Vanellope qui incarne cette modernité met les princesses à la mode et leur fait découvrir les t-shirts. Les princesses traditionnelles en 3D participe à cette modernité. Vanellope, c’est aussi une héroïne hors-norme, totalement indépendante, au caractère bien trempé. Dans Ralph, on ne retrouve aucune prédominance masculine ou féminine : ce sont deux héros égaux. À nuancer tout de même. Chez Disney, il y a toujours cette volonté de construire des héroïnes princesses qui seront des modèles : dans le film, on peut voir des filles répondant à des questionnaires pour voir à quelles princesses elles ressemblent, mais aussi plus largement à un spot publicitaire de Disney au sein des cinémas qui présente ses propres princesses comme des modèles et des soutiens au projet et aux rêves des filles.



N’hésitez pas à laisser votre commentaire, votre avis, vos questions, vos contradictions !

6 commentaires sur “Ralph 2.0, Disney s’inscrit dans la modernité

Ajouter un commentaire

  1. Un super dessin animé à voir ! Aussi bien pour les petits que pour les grands 😉

    Par contre ils ont un problème avec les chiffres, ça m’a titillé l’esprit: dans le premier on fête les 30 ans du jeu de Ralph, dans le second on apprend au cours d’un dialogue que ça fait 6 ans que Ralph et Vanellope se connaissent, le jeu devrait donc avoir 36 ans mais plus tard quand l’âge du jeu ressort c’est le chiffre 27 qui est évoqué. (oui je casse les pieds pour un détail ^^)

    Aimé par 1 personne

Répondre à Xander Annuler la réponse.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :