Le mécanisme blanc-noir des médias : le manque de déontologie journalistique

Tel qu’annoncé dans mon bilan 2018, et après le succès de mon article Fausse polémique sur Corbière et l’ANAH, j’entendais dans l’avenir traiter d’un sujet qui me semble important : les médias. Cette année, j’entame donc officiellement cette rubrique par ce que je nomme le mécanisme blanc-noir de la presse, voyons ça plus précisément. Cet article prend l’exemple d’un article people mais il faut avoir en tête que ce mécanisme peut s’étendre à n’importe quel sujet, dont ceux les plus importants. Au fil du temps, l’article sera mis à jour afin d’être plus étayé et proposer davantage d’exemples.

L’objectif du journaliste

Ce n’est pas sur cet article que je vais détailler ma pensée, plus complexe, sur comment on devient un journaliste et ce qu’est le journalisme. Je vais donc écrire cela de manière simpliste, quitte à en choquer certains. Le journaliste doit produire de manière objective une information vérifiée et doit traiter son sujet en restant neutre et en partageant les avis antagonistes et modérés.

Cependant, le journaliste n’obéira finalement qu’à ces règles (de déontologie) seulement s’ils respectent tout d’abord les règles économiques qui lui sont imposées. Ainsi, un sujet ne peut être trop long car il faut intéresser le lecteur et non l’endormir. Il utilisera un langage simpliste pour qu’il soit accessible à tous. Il ne sera pas analysé, ni étayé pour tenir le nombre de signes qu’on lui impose, et parce que rechercher coûte trop cher et prend trop de temps. Puis, il ne sera pas complet pour les mêmes problèmes, de temps, d’argent et d’espace. Et enfin, il respectera l’image qu’on veut lui donner, quitte à être biaisé. Tous ces différents problèmes mènent, entre autres choses, au mécanisme que je souhaite expliquer.

Le mécanisme blanc-noir

Alors que je lis au grand hasard un article people, ce que je ne fais jamais habituellement, je me suis rendu compte de ce mécanisme pour lequel il est parfois difficile de savoir s’il est prévu ou totalement issu d’un hasard. Je l’ai nommé le mécanisme blanc-noir, sous réserve d’un autre nom qui existerait pour décrire ce phénomène, parce qu’il présente pour le même sujet et la même rédaction, deux articles à un intervalle plus ou moins éloigné dans le temps, complètement l’un à l’opposé de l’autre. De fait, ne lire qu’un seul article de la rédaction reviendrait à vous forger une opinion qui ne sera absolument pas la même si vous lisez le second. Exemple.

J’ai décidé de lire un article sur Amber Heard, la future ex-femme de Johnny Depp qu’elle accuse de violences conjugales. Partagé sur Facebook par Le Figaro, il est écrit par la rédaction de Madame Le Figaro et publié le 4 janvier 2019. En lisant cet article, et alors que Johnny Depp est un acteur que j’adore, et en ne connaissant absolument pas le sujet, j’étais obligé d’avouer à la fin de ma lecture que Johnny Depp semblait réellement coupable. En effet, cet article assez court propose tout au long de son sujet une vision pro-Amber Heard, faisant de Johnny Depp un coupable certain (l’article ne rappelle évidemment la nécessaire présomption d’innocence). Et je le répète : à la fin de ce plaidoyer d’Amber, on peut fan de Depp, on le croira coupable car toute l’écriture est orientée. Il n’y a qu’une seule phrase, UNE SEULE, qui partage un avis opposé. Cette phrase, elle possède dans ses mots un lien qui nous emmène vers un article bien plus ancien, datant du 30 mai 2016. Et là, c’est toute une autre version de l’histoire et donc un tout nouveau regard façonné.

Cet autre article propose LA version antagoniste. Il est écrit presque trois auparavant et en le lisant, je peux vous dire que vous allez croire à un Johnny Depp totalement innocent et à une Amber Heard hystérique, menteuse et manipulatrice. Bien plus long et recherché, il porte atteinte consciencieusement à l’honnêteté d’Amber et nous offre un regard totalement opposé à cette femme, car rien dans cet article ne proposera la défense de la femme de Johnny Depp, au contraire, tout l’accuse. C’est un article à charge contre elle, et qui dans la logique défend donc Johnny Depp.

Mais du coup, des questions et des problèmes se posent. Si l’on veut parler de l’affaire en elle-même premièrement, pourquoi nous proposer un article à charge contre Johnny Depp alors que des années auparavant, ce journal a (presque?) démontré que Amber Heard s’est posée en fausse victime ? Ainsi, si je n’avais pas cliqué sur ce minuscule lien qui sert à atteindre un autre article pour donner un clic supplémentaire à la rédaction pour que le journal puisse se faire plus de fric, j’aurais eu une vision de cette affaire, people peut-être mais ça aurait pu être bien plus important, complètement biaisée. Ce mécanisme blanc-noir, conditionné par la limite d’un article trop long et l’évitement de la répétition de ce qui est déjà écrit et dans le but d’avoir un maximum de vues, est dangereux car il ne respecte pas une analyse objective et plus largement, c’est une grande faute déontologique. Il est incroyable de se retrouver avec deux articles si opposés dans son contenu, et que tous deux soient à charge sans proposer une seule fois un regard contraire.

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