Crimes nazis – La Pologne joue avec la mémoire

« Il n’avait plus de mémoire, et, chaque matin, il s’éveillait sans souvenirs, jeune comme une feuille verte » – Jules Renard.

En Pologne, on détourne le regard, on veut que le pays soit innocent des massacres antisémites. Le premier mars est entrée en vigueur une loi présentée par le parti Loi et Justice au pouvoir punissant jusqu’à trois ans de prison toute mention affirmant que des Polonais ont pu « être responsables ou complices de crimes nazis commis par le IIIe Reich allemand ». La loi veut en particulier empêcher que les installations d’extermination, comme Auschwitz, soient qualifiées de « camps de la mort polonais ». Récemment, cette loi qui a fait polémique a obligé la Pologne à la revoir. Désormais, la peine n’est plus les barreaux pour ceux qui évoquent des camps de concentration ou d’extermination « polonais » ou des « SS polonais » mais une lourde amende.

Pologne

Quoi qu’il en soit, la loi reste grave puisqu’elle joue le jeu de la mémoire. En se voilant la face, les nouvelles générations polonaises croiront leur nation – certes occupée – et leur peuple innocents. La mémoire permettant d’appréhender l’avenir en apprenant du passé, si les Polonais perdent leur sens des responsabilités (puisque des Polonais se sont livrés à des actes de dénonciation et de pogrom), cela pourrait s’avérer dangereux et même être l’avant-garde d’une remise en cause réelle et forte du rôle de la Pologne dans l’Holocauste, outre que ce soit une loi liberticide.

En Israël, le texte provoque évidemment un tollé. On y parle même de tentative de « réécriture de l’Histoire » ou de « négation de la Shoah ». Il ne faut pas aller trop vite en besogne et l’État hébreu exagère sûrement. C’est d’abord un voile appliqué sur le pays qui permet, à très long terme une réécriture indirecte de l’Histoire mais seulement dans le pays polonais. Quant à parler de « négation de la Shoah », ce n’est pas parce que l’on se veut – à tort ou à raison – irresponsable dans l’Holocauste que l’on nie forcément l’Holocauste. Pire, un groupe de députés du Parlement israélien a proposé dans un contre-projet de loi de mettre sur le même plan le déni de l’Holocauste et la minimalisation du rôle joué dans le génocide par les collaborateurs et autres soutiens des nazis. Ce serait tout mélanger, et dans les mœurs, si toute personne est accusée d’être négationniste à chaque commentaire, l’accusation de « négationniste » perdra de sa valeur et de sa portée. D’ailleurs, elle en a déjà perdu puisqu’une personne anti-sioniste ou même réclamant une solution à deux États en Israël-Palestine est souvent dénommée, à tort, d’être antisémite. 

Néanmoins, la mémoire de la Shoah tend un peu à disparaître semble-t-il. Alors que les États-Unis ont actuellement une excellente relation avec Israël, le peuple américain ne ferait pas bon diplomate. En effet,  45% des Américains adultes sont incapables de nommer un camp de concentration nazi et 31% pensent que le nombre des victimes juives est surestimé selon une enquête réalisée aux États-Unis le jour du souvenir de la Shoah. 


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