L’Apprenti des Lumières

Apprenti des LumièresL’Apprenti des Lumières ou L’Ombre de Voltaire est un roman d’Isabelle Marsay, plus précisément le second tome de sa duologie. Roman historique ou biofiction ? C’est finalement un mélange des deux genres qui nous emmènent au XVIIIe siècle, dans la société française de l’Ancien Régime et au centre de la confrontation entre les deux philosophes que sont Voltaire et Rousseau.

 

 

 

L’intrigue | L’Apprenti des Lumières nous emmène au XVIIIe siècle, dans une France où la monarchie règne depuis des siècles et où l’Eglise est l’horloge de la population. Siècle de progrès, de forte croissance démographique, c’est aussi l’apparition de l’opinion publique où les idées fusent, où les philosophes s’activent et sont parfois confrontés à la censure quand ils s’écartent du chemin de l’absolutisme et de la soumission au clergé. Le roman d’Isabelle Marsay s’inscrit dans une mode contemporaine très appréciée : celle de la double intrigue. Non seulement c’est la confrontation littéraire, longue et violente entre Voltaire et Rousseau que nous sert sur un plateau Isabelle Marsay à l’aide d’extraits de texte, notamment, mais c’est aussi la vie de Baptiste qui nous est relatée, la vie fictive du fils aîné de Rousseau puisque effectivement, ce philosophe a réellement abandonné ses enfants. Une vie difficile, puisque ce fils adopté se voit contraint de partir au front, sous les guerres de Louis XV, à la place de son cousin…

Une recette historique et fictive : un cocktail savoureux | Dans son œuvre – qu’elle m’a par ailleurs gentiment dédicacée – Isabelle Marsay ne cache pas que la vie de Baptiste est totalement fictive. Au demeurant, l’affaire Voltaire-Rousseau est quant à elle réelle. Le point de convergence de ces deux intrigues est donc l’abandon : c’est Voltaire qui révèle au grand jour le si grand et dur secret de Rousseau sur l’abandon de ses enfants, et c’est la vie de l’aîné qu’Isabelle Marsay invente, prenant pour paysage Amiens. Mais cette ancre larguée au XVIIIe siècle nous livre un roman où les lourdeurs historiques n’existent pas. On reconnaît indéniablement les recherches effectuées sur la société d’Ancien Régime, que ce soit la politique, que ce soit la vie dans les villes ou encore le paysage urbain : les informations sont bel et bien là. Elles peuvent passer parfois inaperçues pour le profane, mais sauront faire sourire l’historien. Le roman connaît de nombreux points positifs, dont celui d’être vif. Effectivement, les chapitres sont relativement courts, les détails peu nombreux mais assez pour permettre de visionner une efficace et belle scène et les ellipses permettent de commencer chaque chapitre sur un événement clé. Peut-être peut-on regretter un roman trop court, des ellipses trop longues… Mais c’est là un autre point positif du récit puisqu’il nous permet de nous attacher aux personnages et de nous procurer l’envie d’en savoir plus. On peut parfois regretter la disparition de personnages secondaires, de moins en moins présent dans le récit à contrario d’autres, le roman étant assez court, il est effectivement difficile de faire apparaître régulièrement tous les personnages. Concernant l’affrontement entre les deux philosophes, chacun des chapitres est ponctué d’extraits de leurs œuvres respectives, alimentant évidemment l’intrigue puisque c’en est le sujet. Mais Isabelle Marsay ne recopie pas bêtement les écrits de ces Lumières, elle a la brillante idée de faire vivre ces personnages et d’émettre elle-même des idées et théories en sa qualité de professeur de français. Il y a également de très nombreuses références des œuvres des philosophes au sein du corps de texte – des références que l’on ne possède pas toujours, notamment pour ceux qui ne les ont pas lues mais qui peuvent donc nous donner l’envie de plonger dans les écrits des Lumières. En somme, ce mélange des deux intrigues, ce style d’écriture parfaitement maîtrisé, cette vivacité et ces nombreuses recherches nous offrent un roman historique très intéressant. Oh, je pourrais en dire des choses à propos de ce roman, mais ce serait spoiler et ce n’est pas le but de cette critique.

Possédant une couverture absolument magnifique, avec un dessin représentant Baptiste, cette biofiction nous permet de (re)découvrir la vie et l’affrontement de ces deux grands philosophes, ainsi que leur combat. Des idées et des combats qui sont toujours d’actualité, qui ne font pas de non-sens avec la politique et la société contemporaines et qui nous permet – une nouvelle fois – de nous interroger sur le monde qui nous entoure. Au style d’écriture vif et onctueux, Isabelle Marsay nous livre une page d’Histoire que chacun devrait lire.


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